Petite ballade fluviale !

Juste quelques photos de notre épopée de ce weekend ! Nous avions réservé un carbet (et oui encore!) proche de la Comté (affluent du fleuve Mahury), une rivière très côtoyé le week-end par les habitants de Cayenne. Effectivement, beaucoup d’habitants ont construit au long de ce fleuve leur propre carbet pour les réunions familiales, les week-ends entre amis… Si bien que ce lieu tranquille, ne l’est pas tant que ça finalement : jet ski et route fréquentée.. La Guyane nous a habitué à plus de tranquillité héhé !

De notre côté, nous souhaitions juste passer un weekend tranquille, sortir de Régina ! Dans l’idée surtout de faire du kayak, ou une ballade sur l’eau….

Notre carbet pour la nuit

Et finalement, nous avons fait de « la barque en alu » comme l’a dit la petite dame qui nous hébergeait ! Nous voilà donc partis tous les deux, sur une barque, à la découverte de… On ne savait pas trop de quoi d’ailleurs…

C’est donc de bon coeur, que nous avons pagayé, jusqu’à être bloqué par un arbre couché au milieu de la rivière..

Le bagne des Annamites

Lundi matin, après avoir dormi au carbet origin’Ale, nous étions tout proche du bagne des Annamites : l’occasion d’une bonne ballade !

L’histoire de ce bagne est liée à celle de l’Indochine. Les fonctionnaires en poste dans cette région ont un pouvoir de plus en plus grand dans les instances politiques. Si bien que le pouvoir finit par être conquis par le gouverneur général. En 1930, cette politique coloniale se durcit et provoque un soulèvement de la population d’Indochine. Le gouverneur Pasquier décide alors d’éloigner les « éléments perturbateurs » vers des terres lointaines… Quoi de mieux que la Guyane ? Justement, la région de l’Inini en Guyane, alors couverte par la forêt, cherche à se développer. Le transfert des prisonniers politiques s’organise.

Lorsque les indochinois déportés arrivent en Guyane, après une traversée de 35 jours sur « la Martinière » ils sont d’abord placés au pénitencier de la pointe Buzaré. A la suite de troubles violents, les prisonniers sont déportés le 19 septembre 1931 vers les établissements en construction, un peu plus de cent prisonniers sont ainsi envoyés à « la Forestière, les autres (395) rejoignent le camp de la Crique Anguille, aussi appelé, le bagne des annamites.

Originellement, le camp comprenait sept bâtiments en bois, la maison du chef de camp, des cachots et un réfectoire, tous construits par les premiers bagnards. Les premières pistes sont tracées à partir de 1934.

Une véritable organisation s’installe au milieu de la forêt : une prison, un centre administratif, des parcelles pour l’agriculture… Le camp est encadré par les tirailleurs sénégalais.

À partir de 1939, les détenus sont progressivement libérés à la fin de leur peine. Grâce aux panneaux explicatifs tout au long du parcours, nous apprenons qu’ils doivent tout de même resté l’équivalent de leur peine pour exploiter les terres et ainsi nourrir leurs anciens compagnons… Pas vraiment libérés donc…

Le camp est définitivement fermé en 1945. Les Indochinois qui y sont encore sont graciés et s’installent dans la ville de Cayenne pour y fonder ce qui est encore aujourd’hui appelé le quartier chinois.

Aujourd’hui, une petite randonnée permet d’accéder à ce site. Les Guyanais sont nombreux à venir sur le site pour la crique au bout du sentier : lieu de baignade, de pique nique, de regroupement familial…

Deux carbets, deux ambiances

Petit zoom sur nos deux lieux de vie du week-end : le carbet Gangassa, proche de Kourou et le carbe Origin’Ale, proche de Tonnegrande.

Retour dans la nature grâce à ces deux lieux. Le samedi soir, nous avons dormi au carbet Gangassa ! Nous avions peu d’informations sur le lieu… Notre première impression nous a laissé un peu perplexe : personne pour nous accueillir, un champ de terre, un carbet en reconstruction… Nous voilà parti à la recherche du propriétaire des lieux ! Il nous montre notre carbet et les installations plutôt très sommaires. La douche aura lieu dans la rivière donc.

Après notre petit confort en appartement à Rémire, la transition est surprenante. Mais finalement on s’y fait. Bon, certes, c’est boueux comme terrain et les toilettes ne sont pas utilisables, mais le carbet est traditionnel et le toit est tressé à la main.

Et puis finalement, ce qui a fait qu’on a surtout bien accroché à cet endroit, ce sont nos voisins et la petite soirée avec eux ! Une bande de 10 ou 15 personnes, venus se retrouver pour le week-end. Que des métros ou presque, la plupart profs dans les collèges et lycées de Cayenne. Ça faisait bien longtemps qu’on avait pas festoyé alors, on a pris et repris un peu de punch maison (préparé dans un bidon de kayak haha).

Si bien que le lendemain, on a bien profité de nos hamacs… Et reporté la randonnée de la montagne des singes pour un autre week-end héhé ! D’ailleurs Maxime en a acheté un nouveau, plus confortable et bien plus coloré, on croirait les tenues de ski des années 90 ! Il lui manque juste la moustiquaire désormais !

Après s’être remis de nos émotions, nous nous sommes dirigés vers un autre carbet, dont nous ne citerons pas le nom pour ne pas faire mauvaise publicité. Mais à peine arrivés, on nous dit que c’est fermé, que nous ne sommes pas attendus (même après réservation), mais qu’on peut quand même s’installer au carbet, proche de la route… Un peu perplexe, on se dit qu’on trouvera mieux ailleurs.. Un petit coup de fil à un autre carbet, proche de Tonnegrande, grâce à ce merveilleux site : escapade carbet

Et effectivement, nous avons trouvé biiiiien mieux ailleurs ! A savoir, chez le brasseur de bière de Tonnegrande ! Un carbet en plein milieu de la nature, que nous avons cette fois partagé avec un autre couple. Initialement prévu pour 10 personnes, chacun avait la place de mettre son hamac et ses petites affaires. Nous avons pris notre repas avec eux, tout en goûtant la bière brassée sur place !

Les plus de ce carbet : la proximité avec la nature, la douche en pleine nature et les petits animaux qui tournent autour du carbet. Effectivement, au réveil, munis de nos jumelles, nous avons observer des petits singes et des toucans !! (depuis le début de la Guyane, on voulait les voir !!)

Pour ma part, ce deuxième carbet m’a vraiment plu, c’est le plus beau pour moi que l’on ai fait jusque là (c’est notre 5ème). Il m’a fait me rendre compte de la chance que nous avons de dormir dans des lieux pareils, au milieu de la nature verdoyante et des cris des oiseaux et petits singes. A peine rentrée à Régina, je cherchais le prochain carbet à découvrir, même si celui-ci restera un vrai coup de cœur !

Une petite vidéo de la douche, ici

Et des toilettes, là

Une tortue peut en cacher des centaines d’autres.. De la ponte à l’émergence

Après quelques semaines de confinement, nous y voilà, nous pouvons découvrir la Guyane (ou du moins une partie!). Direction Remire, Kourou et Tonnegrande… Plusieurs articles reviendront sur les temps forts de notre weekend. Tout d’abord : les tortues !

Jeudi et vendredi, nous étions à Rémire, à côté de Cayenne. Nous y sommes allés dès jeudi, mais vendredi, nous avions prévu de travailler à distance. Mais rassurez vous, entre travail et dentiste, nous avons quand réussi à voir des choses, de très belles choses même !

Et oui, c’est à cette période que les différentes espèces de tortues (les vertes, les olivatres et les luths) viennent pondre sur les plages de Guyane, notamment à Rémire et à Awala Yalimapo. Un phénomène connu dans le monde entier. C’est donc en début de nuit, qu’avec nos frontales à lumières rouge, nous sommes allés sur la plage des Salines pour tenter notre chance. Effectivement, il y a des règles à bien respecter pour ne pas déranger l’animal : ne jamais être dans son champs de vision, ne pas utiliser de lumière (hormis lumière rouge), ne pas s’approcher trop près… Et pour avoir plus de chances : s’y rendre 2 heures avant la marée haute, de nuit ou très tôt le matin, pas en journée.

Justine, Maxime et moi, sommes donc arrivés sur la plage à 21h30, les marées tombaient bien ce jour là. Une ambiance spéciale y régnait. De petites lumières rouges se baladaient tout au long de la plage. Un regard à gauche, un regard à droite. Nous décidons d’aller à gauche, intrigués par un petit groupe de lumière rouge au loin. Bingo ! A notre arrivée : une tortue luth qui vient juste d’arriver et commence à creuser le trou qui accueillera sa progéniture. C’est assez marrant de la voir envoyer du sable partout pour creuser. Le bruit est assez impressionnant. Le procédé dure environ 1heure : elle arrive, elle creuse, elle pond pendant un certain temps, elle pose des « pièges » pour éviter que les prédateurs mangent ses œufs (notamment les chiens errants), et elle repart doucement vers la mer. C’est sous la pluie battante que nous la regardons, de plus en plus nombreux. La pluie nous fait partir au moment où elle repart vers la mer. Elle nous avait déjà émerveillé ! C’est dingue de se dire qu’elle a fait des milliers de kilomètres pour venir pondre des oeufs qu’elle ne verra jamais éclore. Effectivement, c’est de juin à octobre que l’on peut assister « aux émergences » à Rémire : la sortie des milliers de petites tortues de leurs oeufs. Comme les tortues vertes pondent plus tôt, les petites tortues sortent plus tôt. Pour notre part, pour voir les petites tortues luths, il faudra attendre juillet/août ou même plus tard, en fonction du climat.

Les tortues luths sont les plus grosses de l’espèce, leur carapace mesure environ 1m50 pour 400kg. De beaux bébés ! C’est une des 7 espèces de tortues marines. Elle est protégée et considérée en Guyane comme vulnérable. Une association se charge d’ailleurs de les compter, de les protéger mais aussi de faire découvrir au grand public les secrets de cet animal. Faute de confinement, les sorties nocturnes n’ont pas lieu pour le moment. Pour en savoir plus : l’association Kwata.

Voici le dernier comptage, au 31 mai dernier. Ce chiffre représente l’intégralité des tortues identifiés depuis le début de la saison des pontes.

C’est donc heureux que nous sommes rentrés chez nous, trempés de chez trempés mais contents d’avoir pu assister à ce phénomène !

Lucie

Suite de mes lectures

« Toute la géographie du monde » de Jean-Claude Barreau et Guillaume Bigot

La 4ème de couverture :

« Dans leur précédent ouvrage, Toute l’histoire du monde, J-C. Barreau et G. Bigot brossaient avec brio un tableau précis et stimulant de l’histoire humaine. Il était donc tout naturel qu’ils s’attaquent ensuite à la géographie, cette discipline mal-aimée, qu’ils se sont jurés de nous faire redécouvrir.

Ce livre, véritable visite guidée de notre planète Terre, dont il détaille les divers aspects – continents, océans, montagnes – et dont il décrit chaque pays selon un ordre extrêmement original, mêlant habilement géographies physique et humaine, climatologie, géologie et histoire, réexamine le monde de façon non conventionnelle. Il n’hésite pas à nous donner à lire des cartes à l’envers, à risquer des rapprochements audacieux (Suisse et Népal) ou à créer des concepts comme celui de « tricontinent » ou de « Finistère européen » ! Un voyage pédagogique à la portée de tous. »

Mon avis :

Ce livre se lit très vite et n’est pas très long contrairement à ce que j’ai pensé en l’achetant. Il est bien pour comprendre des choses assez larges sur la situation de nombreux pays, les relations entre les différentes zones, l’importance des océans. On voit aussi à quel point la démographie est un élément clef sur de nombreux aspects : géopolitique, pouvoir, … . Bref, cela fait du bien de se replonger dans la géographie et rappelle les cours de collège et de lycée qui sont bien lointains. Beaucoup de comparaisons sont intéressantes et permettent de comprendre les agissements de certaines nations à-travers l’histoire. Il vulgarise de nombreux sujets et aborde de nombreux points géopolitiques qui sont à approfondir pour les plus curieux.ses. Par contre, il y a beaucoup de subjectivité dans cette ouvrage, les points de vue des auteurs au niveau de la sécession de certains pays ou des conflits actuels liés aux territoires sont parfois déroutants car ils n’ont pas vraiment leur place dans un livre censé vulgariser la géographie pour se réconcilier avec cette matière.

« La vraie couleur de la vanille », de Sophie Chérer

4ème de couverture :

« Dans la nuit tropicale, un jeune garçon s’enfuit. Il s’appelle Edmond mais n’a pas de nom de famille. C’est un garçon étrange, passionné, d’une intelligence hors du commun. Il n’a jamais appris à lire, pourtant il connaît le grec ancien. Il n’est jamais allé à l’école, mais ses connaissances en botanique égalent celles des meilleurs savants.

Edmond est noir, il est né esclave. Il est orphelin, mais n’a pas connu le même sort que ses parents. À sa naissance, un homme blanc l’a pris sous sa protection, l’a aimé, l’a presque adopté. Et cet homme ce soir, vient de le trahir.

Dans sa fuite, Edmond emporte deux secrets. Le premier est un secret terrible, qu’il ne peut révéler à personne. Le second est au contraire un secret miraculeux, une découverte extraordinaire qu’il à faite lui-même, et qui peut changer le destin de son île.

Mais qui croira la parole d’un enfant noir, en 1841 ?

Ce livre raconte une histoire vraie. Elle se passe sur l’île de la Réunion, alors appelée île Bourbon, à l’époque où, malgré la Déclaration des droits de l’homme, les mains coupées des esclaves ornaient encore les couloirs des maisons des maîtres, à l’époque où tout un peuple vivait et mourrait dans les champs de canne à sucre. »

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce roman. Je connais la Réunion par les récits que m’en ont fait les personnes qui y ont vécues ou passées des vacances et cette île m’attire beaucoup. A-travers ce livre, on découvre un peu de l’histoire de ce territoire. L’histoire nous permet de comprendre certains aspects de la botanique et de la condition humaine de l’époque, avec l’esclavage toujours présent. Le roman se lit très vite, mais l’atmosphère autour d’Edmond est toujours pesante et fait que l’on veut voir ce qui va lui arriver et quels sont ces deux secrets.

« La Horde du Contrevent » d’Alain Damasio

4ème de couverture :

« Un groupe d’élite, formé dès l’enfance à faire face, part des confins d’une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l’origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d’un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou.

Expérience de lecture unique, La Horde du Contrevent est un livre-univers qui fond d’un même feu l’aventure et la poésie des parcours, le combat nu et la quête d’un sens profond du vivant qui unirait le mouvement et le lien. Chaque mot résonne, claque, fuse : Alain Damasio joue de sa plume comme d’un pinceau, d’une caméra ou d’une arme… »

Mon avis :

J’aime énormément Alain Damasio, j’ai déjà lu « La Zone du Dehors » et j’avais adoré. J’aime sa façon d’écrire et la personne. Pour en savoir plus sur lui, écoutez son passage passionnant sur Thinkerview : https://hooktube.com/watch?v=a7KapmsJQOE

Pour ce qui est du roman, ce dernier est écrit de manière précise et originale. Il n’est pas évident de tout comprendre car la façon d’écrire est très poétique et beaucoup de mots utilisés ne sont pas courants pour moi. Cependant le cadre dépeint et les personnalités des personnages sont très bien travaillés. Chaque personnage est reconnaissable à sa façon de parler, de penser, c’est remarquable. On se prend à l’histoire et on essaye de démêler tout l’univers, ce qui n’est pas évident. Il faut se laisser aller et continuer d’avancer la lecture. Beaucoup d’éléments peuvent être interprétés totalement différemment en fonction de la personne qui lit et de l’état d’esprit dans lequel on lit. J’ai eu une préférence pour « la zone du dehors » car l’univers était plus logique pour moi et simple à interpréter. J’ai adoré et je lirais « Les Furtifs », son dernier roman, que j’aimerais à coup sur !

« Comment tout peut s’effondrer » de Pablo Servigne et Raphaël Stevens

4ème de couverture :

« Et si notre civilisation s’effondrait ? Non pas dans plusieurs siècles, mais de notre vivant. Loin des prédictions Maya et autres eschatologies millénaristes. Un nombre croissant d’auteurs, de scientifiques et d’institutions annoncent la fin de la civilisation industrielle telle qu’elle s’est constituée depuis plus de deux siècles. Que faut-il penser de ces sombres prédictions ? Pourquoi est-il devenu si difficile d’éviter un tel scénario ?

Dans ce livre, Pablo Servigne et Raphaël Stevens décortiquent les ressorts d’un possible effondrement et proposent un tour d’horizon interdisciplinaire de ce sujet – fort inconfortable- qu’ils nomment la « collapsologie ». En mettant des mots sur des intuitions partagées par beaucoup d’entre nous, ce livre redonne de l’intelligibilité aux phénomènes de « crises » que nous vivons, et surtout, redonne du sens à notre époque. Car aujourd’hui, l’utopie a changé de camp : est utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant. l’effondrement est l’horizon de notre génération, c’est le début de son avenir. Qu’y aura-t-il après ? Tout cela reste à penser, à imaginer, et à vivre… »

Mon avis :

La collapsologie m’intéresse au plus haut point. Son approche interdisciplinaire nécessite une grande capacité à comprendre des domaines comme l’économie, la démographie, l’énergie, l’agriculture, … tout en traitant d’un sujet qui a tendance à déprimer les personnes. Pablo Servigne le fait avec une légèreté et une rigueur incroyable. Dans un autre genre, l’association « Adrastia » (http://adrastia.org/) fait très bien le travail aussi.

Ce livre est passionnant et permet de comprendre tout ce qui est mis derrière le terme effondrement et pourquoi de plus en plus de personnes y croient. Je le conseille à toutes les personnes qui se questionnent sur ce sujet car il est assez abordable et traitent de plein de domaines de façon simple et compréhensible.

« Bilbo le Hobbit » de Tolkien



4ème de couverture :

« Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible. L’aventure tombe sur lui comme la foudre quand le magicien Gandalf et treize nains barbus viennent lui parler de trésor, d’expédition périlleuse à la Montagne Solitaire gardée par le grand dragon Smaug, car Bilbo partira avec eux !

Il traversera les Terres Solitaires et la forêt de Mirkwood dont il ne faut pas quitter le sentier, sera capturé par les trolls qui se repaissent de chair humaine, entraîné par les gobelins dans les entrailles de la terre, contraint à un concours d’énigmes par le sinistre Gollum, englué dans la toile d’une araignée géante…

Bilbo échappera cependant à tous les dangers et reviendra chez lui, perdu de réputation dans le monde des hobbits, mais riche et plus sage.

Bilbo le Hobbit, un grand classique de la littérature fantastique moderne. »

Mon avis :

J’avais déjà vu les films au cinéma et je n’avais pas été un grand fan. Le livre est plus intéressant mais je l’ai lu pour faire une pause en lisant un roman que je connaissais et qui était simple à lire. L’univers est vraiment sympa et les personnages sont attachants, cependant je ne suis pas un grand fan de l’histoire donc la lecture fut rapide et pas des plus passionnante.

« Habiter le campement : Nomades, Voyageurs, Contestataires, Conquérants, Infortunés, Exilés » sous la direction de Fiona Meadows


4ème de couverture :

« Architectures de nomades, de voyageurs, d’exilés, d’infortunés, de conquérants et de contestataires : Habiter le campement interroge le rapport entre la notion d’habitat, qui implique une pérennité, et celle de campement, qui suppose un état provisoire. Les contextes politiques, économiques et environnementaux actuels ont en effet conduit des milliers de personnes à s’établir et à s’organiser de manière durable dans des campements, pour « Habiter » les camps et « Faire ville ». Comment habiter dans des zones insalubres, inhospitalières ? Comment habiter en toute liberté, avec les moyens du bord . Peut-on habiter autrement? »

Mon avis :

Voilà ce que j’appelle un beau livre. Je vais le conserver, d’habitude je donne mes livres à des ami.es ou dans des boîtes à livres. Celui-ci je vais le garder. Il est composé de magnifiques images de plein de campements avec différentes vocations, à-travers le monde. Chaque catégorie est accompagnée d’un article de personne venant de différentes professions : anthropologie, sociologie, architecture, … . Il est passionnant de voir ce que signifie le campement en fonction de l’endroit du monde où nous nous situons. On y parle de festivals, de camp de contestation, de camp de migrations, … bref un panorama bien large et bien écrit, j’ai adoré !

Max

Weekend au coeur de la forêt

Ce week-end était attendu !! Après plus de deux mois de confinement, nous allions sortir de Régina pour un week-end dans la nature ! Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça nous a fait du bien !

Pour l’occasion, nous sommes allés avec Justine (notre amie de l’IFAID, et en Guyane depuis Novembre), à Roura. On avait réservé un carbet : chez Malou et son verger ! Petit rappel, les carbets, ce sont ces habitations en bois typique de la zone Amazonienne. Ici, on ne dit pas  » je vais camper  » mais je « vais en carbet ».

Photo de Justine ! Voici un carbet (panoramique)

Nous sommes donc arrivés pour le repas du samedi midi à Roura, pour un pique nique de retrouvailles au bord du fleuve Mahury. Puis direction chez Malou ! Un endroit plein de charme, avec un immense verger de plus de 130 plantes et arbres fruitiers différents ! Mais aussi des cannes, des paons, des chèvres…

Une fois nos hamacs installés, direction la Réserve Naturelle Trésor ! Il était déjà tard pour partir en forêt.. Par peur de se retrouver dans l’obscurité, nous avons fait le petit circuit, en 45 minutes. Pour la première fois depuis notre arrivée en Guyane, je me suis sentie en plein coeur de la forêt. On se sentait tout petits face à l’immensité des arbres.

Retour au carbet en fin de journée pour l’apéro, les discussions et le repas chez Malou. Au menu : purée de papaye, haricot du jardin, filet mignon, mousse chocolat/bananes… Et tout cela avec les fruits du jardin et les œufs des cannes. Après quelques parties de tarot, direction le hamac pour une nuit de repos bien mérité ! (Maxime a finalement pris la direction de la voiture, son hamac n’étant pas très bien…). Personnellement, malgré le réveil matinale, j’ai dormi comme un bébé 🙂

Dimanche : direction les chutes du fourgassier ! On nous avait dit : tu verras, la route est cabossée. On a vu la route cabossée. On s’est même arrêté en cours de route pour finir à pied.

Les couleurs de la piste pour se rendre aux chutes sont magnifiques : couleur ocre au milieu de la forêt verdoyante ! Sous une chaleur humide, nous avons peiné à faire le chemin, mais avec un peu de motivation, le tour était joué !

Seulement, une fois en bas, il pleuvait… Nous avons aperçu les chutes (et la chute dans l’eau de Maxime en voulant tenter la traversée, rien de méchant, juste une tête ébahie haha) ! Mais à peine le temps de manger, que nous sommes repartis, par peur que la voiture s’embourbe sur la piste…

Photo de Justine

Il était déjà l’heure de repartir pour Régina ! Retour dans notre studio 🙂 Mais c’est pour mieux repartir, car la semaine, on part à la recherche des tortues sur les plages de Rémire !! Croisez les doigts pour nous !

A bientôt, Lucie

Notre vie en confinement

Le déconfinement démarre, même si sur Régina, nous ne savons pas trop ce que cela va donner. Mine de rien, ces 2 mois sont passés plutôt vite, cela est en premier lieu dû au fait qu’avec Lulu, nous continuons de travailler, en télétravail. Pour ma part, j’ai même plus de travail qu’avant le confinement donc ça occupe déjà une bonne partie de la semaine !!!

En dehors du travail, nous faisons plusieurs activités qui nous occupent bien, voici une petite liste avec des images de chacune :

Portugais

Depuis notre arrivée, le portugais est très présent, la frontière brésilienne étant proche, beaucoup de gens s’expriment dans cette langue. Nous avons donc commencé à apprendre la portugais avec l’application « Duolingo » puis en achetant des livres afin de mieux apprendre. Nous avons notre carnet et nos fiches afin de prendre en notes.

En ce moment, Lucie est plus férue que moi et continue sur l’application. J’avais commencé pas mal de fiches, et j’en ai d’autres à faire mais le fait de beaucoup moins entendre parler portugais dans la rue ne m’aide pas à me motiver. Dans tous les cas, nous acquérons certaines bases et nous verrons où cela nous mènera !

Sport

Avant le confinement, Lulu n’était que peu motivée par la pratique sportive. De mon côté, j’allais régulièrement au foyer de la commune pour faire de la musculation et un peu de boxe. Je venais tout juste de commencer des séances de ju-jitsu. Bref tout cela fut mis en pause et dorénavant nous faisons entre 3 à 4 séances de sport, type renforcement musculaire, autour et dans notre studio et nous allons parfois courir dans Régina.

Nous faisons nos séances séparément, elles durent entre 20 et 40 minutes avec les étirements !

Je prends du plaisir à en faire alors que Lulu est motivée par l’acquisition d’une meilleure condition physique afin de pouvoir randonner sans se fatiguer ! Je lui ai concocté quelques séances qu’elle réalise sans grande motivation mais se tient à 3 séances par semaine, ce qui est très bien !

Lecture

La lecture était déjà bien présente avant le confinement, Lulu s’est remise à pas mal lire ces derniers temps. Je ferais de nouveau un article sur les derniers livres que j’ai lu très prochainement.

Series-Films

Nous avons sur nos disques durs plusieurs films. Récemment nous avons vu : Hors-Normes, Charlie et la chocolaterie, Joker, A star is born, Le silence des agneaux, Seven, Ma vie de courgette … bref des films assez différents et qui nous divertissent bien pendant cette saison des pluies qui durent parfois toute la journée !

Niveau série, en arrivant en Guyane nous avons commencé la série « Guyane » dont la 1ère saison est top. Nous n’avons pas encore commencé la seconde. Sense8 est la première série que nous avons commencé et finit en Guyane, je l’avais déjà vu plusieurs fois et nous avons beaucoup aimé, même si Lulu a parfois eu du mal à regarder les nombreuses bagarres de la série ! J’aime beaucoup cette série, les images sont magnifiques et l’intrigue laisse place à l’imagination !

Depuis quelques temps, nous avons commencé « Prison break », je n’avais jamais fini cette série et je suis bien content de la continuer, nous sommes à la fin de la saison 2 !

De mon côté, je suis un grand fan de « The big bang theory », je suis en train de me refaire toutes les saisons, ce que je fais à peu près une fois par an ! Je regarde également beaucoup de mangas (one piece, naruto, hunter x hunter, …).

Parfois, Lulu regarde « Elite », elle en profite pour se remettre dans l’espagnol, qu’elle parle couramment !

Dessin

Lulu aime bien dessiné, donc il arrive qu’elle aille dehors et dessine les alentours du gîte. Pour le moment elle dessine les bâtiments autour de chez nous, ainsi que le gîte !

Harmonica

En sachant que je partais en Guyane, je me suis dit que cette année, j’apprenais soit un instrument de musique, soit une danse. Lulu m’ayant offert un harmonica, j’ai commencé la pratique récemment. Mon harmonica n’est pas l’idéal pour un débutant et il n’y a que peu de partitions disponibles sur internet, mais j’ai réussi à m’y mettre et à ce jour je peux faire « Joyeux Anniversaire » et « Mon beau sapin » avec ! Cela me procure du plaisir et j’ai hâte de continuer !

Cuisine

Comme beaucoup de gens durant le confinement, nous avons aussi fait pas mal de cuisine. Après nous aimons bien cela et nous cuisinions déjà pas mal avant, cependant nous avons eu plus de temps pour faire des recettes de gâteaux, de gratins, de purée, … ce ne fut pas toujours une réussite mais disons que nous ne nous laissons pas mourir de faim !

Chiots

Nos voisin.es ont adoptés 3 chiots récemment et nous sommes très souvent avec eux ! Ils grandissent vraiment vite et préfèrent la bagarre aux caresses mais sont quand même très mignons. Il arrive souvent que l’un d’eux nous attende devant notre porte pour avoir ses caresses. Lucie a pris plein de photos avec eux et cela nous permet de faire des pauses durant les journées de boulot. Une chienne de notre rue a mis bas récemment donc prochainement il y aura de nouveaux chiots, ce qui promet de l’animation ahah

Duel

Cette photo, c’est internet, pas nous ! Sur le site de Randomnerdery

Avant de partir, nous nous sommes rendus dans une boutique de jeux de sociétés sur Angers. Le but était de trouver un jeu qui soit fait pour 2 personnes. Lucie n’est pas très motivée pour les échecs, du moins je n’arrive pas à la motiver pour y jouer. Nous avons opté pour « 7 wonders – Duel » sur les conseils du vendeur. Nous avons bien fait de l’écouter car le jeu est vraiment cool, simple à jouer, avec un peu de place au hasard donc ça divertit bien ! A ce jour, nous sommes à 6 parties et le score est de 3 partout !

Photos

Depuis longtemps, Lulu souhaitait apprendre un peu plus à faire des photos. C’est chose faite et elle s’entraîne et prévoit des petits reportages photos que nous diffuserons bien évidemment sur ce blog. Elle recherche souvent des façon de faire des réglages pour adapter sa prise de photos à la lumière, au paysage, … . Elle maîtrise de plus en plus de choses et souhaite maintenant être plus rapide sur les réglages pour ne pas louper une belle photo.

Max

Ami.es du monde, qui êtes-vous ?

A l’heure où nous sommes tous confiné.es chez nous, petit tour du monde des visiteurs de notre blog. Nous sommes impressionné.es de la diversité des pays représentant les visiteurs et visiteuses de notre blog ! Même si la France l’emporte haut la main, voici un aperçu de cette diversité : États-Unis, Sénégal, Inde, Guadeloupe, Bulgarie, Martinique, Mayotte, Australie, Serbie, Pérou, Côte d’Ivoire, Suisse, Congo-Kinshasa, Espagne, Croatie, Bolivie, Norvège, Belgique, Togo et enfin Thaïlande !

Mais qui se cachent derrière tous ces pays ? Pour certains, nous avons deviné, pour d’autres, on se demande bien… Qui sont nos ami.es d’Inde ? De Martinique ? De Thaïlande ?

Et on mange quoi en Guyane ?

On ne peut pas dire que notre alimentation ait changé du tout au tout… Cependant, on vous présente ici quelques découvertes ! Tout d’abord les fruits, ceux qu’on a mangé et les autres plus présents en jus, puis les légumes et le reste ! On attend le dé confinement pour continuer à découvrir les bons petits plats locaux 😀

Le mangoustan : très bon mais rare !

Comme vous le voyez dans les légendes des photos, nous avons goûté plus de jus que de fruits en vrai. Dans les jus : cerise de Cayenne, monbin (petit fruit aimé des singes), prune de cythère (goût plus terreux, farineux que la prune), le corosol ou encore le cupuacu (jus compliqué à extraire). Dans les villes et dans les marchés, on trouve très facilement des petites bouteilles de jus faits maison entre 2 et 3 euros. Très rafraîchissant !

Dans les fruits que l’on mange régulièrement : l’ananas, le fruit de la passion (couleur jaune et non violette comme ailleurs), orange, ramboutans (petit fruit curieux à voir), des toutes petites bananes (bien meilleures qu’en métropole à mon goût) et des citrons verts (surtout pour le ti punch à vrai dire..). Celui qu’on a vraiment bien aimé, mais qui est rare et cher, c’est le mangoustan (entre 4 et 6 euros le kg). Plus rarement, on mange des mangues (ce n’est plus la saison) ou des papayes ou des chadecks ( pamplemousse plus amer)

Dans la famille et des tubercules, on a découvert seulement la dachine et les piments végétariens. La dachine est une tubercule farineuse. Personnellement, j’en achèterai pas de mon propre gré… Disons qu’il faut mettre beaucoup de crème fraiche pour apprécier le plat.. Quant au piment végétarien, il est doux, il ne pique pas. On le met dans les poêlés de légumes, les galettes de blés, avec le riz…

A part cela, dans notre panier de légumes, on trouve des concombres (beaucoup beaucoup de concombres…), quelques tomates, des courgettes, une aubergine parfois, une courge, des citrons, un ananas, un bouquet garni de persils/coriandre/herbes… Le panier est assez représentatif des fruits et légumes les plus produits ici !

Concernant la production justement, à Régina, nous vivons proche des agriculteurs Hmongs. C’est grâce à eux que la production est aussi diversifiée, même si on peut remettre en question l’utilisation importante de pesticides. On vous avait déjà parlé des Hmongs, voici un petit reportage d’Arte concernant la production agricole : https://www.arte.tv/fr/videos/080294-000-A/guyane-les-jardiniers-de-l-exil/

Nous avons goûté peu de plats à ce jour., hormis un gratin de bananes (miam miam) et une crème dessert de cupuacu. Le confinement nous a empêché de goûter au très célèbre Bouillon d’Awara, plat traditionnel préparé pour Paques. Vous découvrirez sa recette ici : http://vivreenguyane.com/je-vis-en-guyane/cultures-et-traditions/bouillon-d-awara/

Si vous voulez en savoir plus sur ce qu’on mange en Guyane (et qu’on espère très prochainement découvrir), vous pouvez aussi consulter ce site : https://www.mediaphore.com/2018/01/plats-incontournables-a-deguster-en-guyane/

Et on ne pourrait terminer cet article sans vous avoir parler du Couac, très apprécié et toujours servi avec les plates dans un petit bol (chez les gens et aux restaurants). Le couac ou kwouac est une semoule fabriquée à partir de la racine de manioc épluchée, macérée dans de l’eau, râpée et égouttée afin d’éliminer le poison qu’elle contient. Les racines du manioc sont vendues sur les marchés sous le nom de kramangnok (cramanioc) pour les variétés douces, et transformées sous les noms de kwak. Certains disent que c’est pour rendre plus croustillant les plats. C’est vrai qu’avec des haricots rouge, ce n’est pas mauvais !

A bientôt, Lucie

Quelques infos sur Régina

Explication du blason : en haut le rond jaune symbolise la découverte de l’or dans l’Arataye (affluent de l’Approuague). La caravelle nous révèle la prépondérance du voilier qui, à l’époque, était le seul moyen de transport qui reliait l’Approuague à la Guyane. Dans la partie du milieu de l’écusson,c’est le maïpouri( tapir),s’appuyant sur un arbre chargé de fruits rouges et de branches vertes. Cet animal est très présent dans la zone. La rose en haut à droite, indique que l’endroit fut le fief du bois de rose.

Vous êtes plusieurs à nous demander à quoi ressemble Régina… Vaste question ! On s’est donc dit qu’un peu de précisions pourraient vous aider à nous imaginer vivre dans ce petit village de 900 habitants ! Les chiffres sont issus de mes recherches pour le projet social que je monte avec l’asso, les graphiques en moins 😉

 Régina-Kaw est une commune de l’Est Guyanais, situé à 107km de Cayenne et 80km de Saint-Georges de l’Oyapock, sur la route nationale 2. C’est une zone rurale dite « isolée » géographiquement et administrativement. En superficie, c’est la deuxième plus grande commune de France. Elle est située sur le fleuve Approuague.

L’Est Guyanais est composé uniquement de communes rurales, qui couvre un tiers de la Guyane mais seulement 2.8% de la population guyanaise. Parmi les 4 intercommunalités du territoire, l’Est est la moins peuplée, avec une croissance démographique restée faible. Entre 2010 et 2015, la population croît en moyenne de 0,8 % par an, alors que la population du reste de la Guyane augmente de 2,6 %. A Régina, les jeunes représentent 34% de la population.

A Régina, plusieurs communautés sont présentes : brésilienne, hmong, amérindienne, créole, métropolitaine, etc. Certaines communautés sont plus ancrées sur des territoires précis (la piste Corossony, le quartier brésilien…).

La majorité des logements est occupée comme résidence principale (67.4%), une autre partie correspond aux résidences secondaires (21%) et enfin, 11,4% des logements sont vacants. En faisant le tour de Régina, on observe d’ailleurs plusieurs maisons laissées à l’abandon. On sent que Régina a eu son heure de gloire, pendant la ruée vers l’or au départ puis avec la construction du pont de Saint Georges, reliant plus facilement la Guyane au Brésil ! Mais que cette période est un peu révolue : des maisons abandonnées, des services qui n’existent plus, la pompe à essence disparue… Si on s’intéresse au logement, il y a plus de maisons traditionnelles à Régina que dans le reste de la Guyane, à savoir des maisons en bois et des cases traditionnelles. Certaines familles vivent également en carbet (vous savez, ces habitations traditionnelles dont on vous avait parlé ? Allez, on vous remet des photos !)

A Régina, plusieurs équipements scolaires sont présents : l’école maternelle et primaire dans le bourg, le collège à l’entrée de Régina et la Maison Familiale Rurale à l’entrée de Régina. Au moins, les enfants sont ensemble de la maternelle jusqu’à la fin de leurs études !

Un des freins à la scolarité est lié au transport. Nous avons vu que l’offre scolaire était présente sur le bourg de Régina. Hors des populations vivent plus éloignées et les transports ne les desservent pas. Un transport récupère les enfants à l’entrée de la piste mais celle-ci est longue de 4km et difficilement praticable à vélo (poussière, flaque de boue…).

 La question de l’emploi est un enjeu pour la commune de Régina : diversification des emplois, création de poste, développement du commerce… Les possibilités d’emploi sur la commune restent faibles et entraînent donc un départ des personnes vers l’extérieur ou une dépendance importante aux aides sociales.  

Les catégories les plus représentées sont les employés (notamment grâce aux emplois liés à la commune) et les agriculteurs (lié à la présence des agriculteurs de la piste Corossony). Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont très peu nombreux. On recense 50 établissements à Régina : 16 dans l’industrie, 3 en construction, 24 en commerce, transport, hébergement, restauration, 2 services aux entreprises, 5 services aux particuliers. Mais l’économie informelle est assez présente : on chasse, on pêche, on plante, on vend…

Et on ne vous a pas parlé des gendarmes de Régina ? Ils sont 30 mobiles, remplacés tous les trois mois ! On ne sait pas trop ce qui les as amenés là… On sait ce qu’ils font par contre : ils imitent la douane à la sortie de Régina, direction Saint Georges (seule route qui va au Brésil). Ils contrôlent les véhicules, vérifient les identités, mais n’ont même pas le droit de fouiller les véhicules… Il y a aussi les gendarmes fixes, plutôt axés sur l’orpaillage illégal et autres trafics.

Les deux commerces essentiels à Régina sont l’épicerie, où les produits sont encore servis au comptoir et la boulangerie. On est fidèle au poste, tous les jours pour la boulangerie et régulièrement à l’épicerie qui reste le centre du village : on vient refaire le monde, boire une bière, manger une glace… C’est toujours animé !

Niveau santé, il y a un dispensaire avec infirmières et permanence de médecins trois jours par semaine. Un dispensaire mais pas de pharmacie… Il faut aller à Saint Georges, voir Cayenne chercher ses médicaments. La question du transport, de son prix (20 euros aller simple, 40 AR) et donc de l’accès aux soins est problématique. La population semble également regretter le manque de spécialiste : sage-femme, gynécologue, dermato, dentiste… Et tous les spécialistes des petits et gros bobos.

Et oui, la question de l’accès aux services est essentielle dans un village où 40% des habitants ont un véhicule. Pour se déplacer, il faut compter sur les taxis collectifs : des minibus qui parcourent les routes de Guyane. Avec Maxime, on a 7 numéros de téléphone. Pour le moment, on a toujours réussi à en trouver un qui veut bien s’arrêter à Régina sur le fameux trajet ‘Saint Georges-Cayenne’. Il paraît que le stop est compliqué sur la route de l’Est… Pourtant, de notre côté, on a plusieurs fois eu de la compagnie dans notre voiture, presque à chaque fois qu’on a pris la route d’ailleurs !

Niveau culturel, il y a l’écomusée de Régina, très bien côté ! Il retrace l’histoire des peuples de Guyane et de leurs modes de vie. Seulement, la responsable a été mutée à Saint Laurent et on craint sa fermeture définitive… La commune perdrait un de ses seuls attraits touristiques… Une médiathèque va être inaugurée il semblerait, en face chez nous. On attend et espère y voir des animations.

Parce qu’être un enfant à Régina, c’est vivre dans un immense terrain de jeux, presque sans voitures, où tout le monde garde un œil bienveillant sur l’autre, sans délinquance, avec une nature omniprésente et le fleuve pour la baignade après l’école. Mais c’est aussi savoir s’occuper lorsqu’on devient ado : pas de cinéma, pas de sorties en ville, pas de distractions ni lieux de sociabilité, peu d’équipements sportifs… C’est d’ailleurs pour ça que l’asso où je travaille existe : animer un foyer des jeunes et proposer des activités sportives, culturelles, manuelles, d’animation…

On dit souvent qu’à Régina il n’y a rien à faire ou bien, que tout est à faire. De mon point de vue, et attention, je suis là seulement depuis 3 mois, je dirai qu’il y aurait beaucoup à faire, mais est-ce que les habitants le veulent vraiment ? Vaste question auquelle j’essaie de répondre en ce moment pour ce fameux projet social ! Lulu