Une tortue peut en cacher des centaines d’autres.. De la ponte à l’émergence

Après quelques semaines de confinement, nous y voilà, nous pouvons découvrir la Guyane (ou du moins une partie!). Direction Remire, Kourou et Tonnegrande… Plusieurs articles reviendront sur les temps forts de notre weekend. Tout d’abord : les tortues !

Jeudi et vendredi, nous étions à Rémire, à côté de Cayenne. Nous y sommes allés dès jeudi, mais vendredi, nous avions prévu de travailler à distance. Mais rassurez vous, entre travail et dentiste, nous avons quand réussi à voir des choses, de très belles choses même !

Et oui, c’est à cette période que les différentes espèces de tortues (les vertes, les olivatres et les luths) viennent pondre sur les plages de Guyane, notamment à Rémire et à Awala Yalimapo. Un phénomène connu dans le monde entier. C’est donc en début de nuit, qu’avec nos frontales à lumières rouge, nous sommes allés sur la plage des Salines pour tenter notre chance. Effectivement, il y a des règles à bien respecter pour ne pas déranger l’animal : ne jamais être dans son champs de vision, ne pas utiliser de lumière (hormis lumière rouge), ne pas s’approcher trop près… Et pour avoir plus de chances : s’y rendre 2 heures avant la marée haute, de nuit ou très tôt le matin, pas en journée.

Justine, Maxime et moi, sommes donc arrivés sur la plage à 21h30, les marées tombaient bien ce jour là. Une ambiance spéciale y régnait. De petites lumières rouges se baladaient tout au long de la plage. Un regard à gauche, un regard à droite. Nous décidons d’aller à gauche, intrigués par un petit groupe de lumière rouge au loin. Bingo ! A notre arrivée : une tortue luth qui vient juste d’arriver et commence à creuser le trou qui accueillera sa progéniture. C’est assez marrant de la voir envoyer du sable partout pour creuser. Le bruit est assez impressionnant. Le procédé dure environ 1heure : elle arrive, elle creuse, elle pond pendant un certain temps, elle pose des « pièges » pour éviter que les prédateurs mangent ses œufs (notamment les chiens errants), et elle repart doucement vers la mer. C’est sous la pluie battante que nous la regardons, de plus en plus nombreux. La pluie nous fait partir au moment où elle repart vers la mer. Elle nous avait déjà émerveillé ! C’est dingue de se dire qu’elle a fait des milliers de kilomètres pour venir pondre des oeufs qu’elle ne verra jamais éclore. Effectivement, c’est de juin à octobre que l’on peut assister « aux émergences » à Rémire : la sortie des milliers de petites tortues de leurs oeufs. Comme les tortues vertes pondent plus tôt, les petites tortues sortent plus tôt. Pour notre part, pour voir les petites tortues luths, il faudra attendre juillet/août ou même plus tard, en fonction du climat.

Les tortues luths sont les plus grosses de l’espèce, leur carapace mesure environ 1m50 pour 400kg. De beaux bébés ! C’est une des 7 espèces de tortues marines. Elle est protégée et considérée en Guyane comme vulnérable. Une association se charge d’ailleurs de les compter, de les protéger mais aussi de faire découvrir au grand public les secrets de cet animal. Faute de confinement, les sorties nocturnes n’ont pas lieu pour le moment. Pour en savoir plus : l’association Kwata.

Voici le dernier comptage, au 31 mai dernier. Ce chiffre représente l’intégralité des tortues identifiés depuis le début de la saison des pontes.

C’est donc heureux que nous sommes rentrés chez nous, trempés de chez trempés mais contents d’avoir pu assister à ce phénomène !

Lucie

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