Le bagne…

On parle parfois du bagne de Cayenne, l’expression « bagne de Guyane » serait plus adaptée à la vue des nombreux camps disséminés sur le territoire... De nombreux vestiges rappellent presque quotidiennement cette sombre face de l’histoire.

Après avoir vu le bagne des Annamites, visiter les Îles du Salut, aperçu celui de Saint Jean, nous voilà à Saint Laurent du Maroni, tristement connue comme « la capitale des bagnes », désignée ainsi dans les années 1880. Cette histoire durera plus d’un siècle.

67000 hommes arrivèrent de Brest ou de Toulon entre 1858 et 1946. Ils passaient tous par le camp de la Transportation avant d’être répartis entre les différents bagnes. A Saint Laurent 900 femmes bagnardes ont également été emprisonnées. En effet, la création du bagne en Guyane avait pour objectif, non seulement la répression, mais également le peuplement et la construction de la colonie.

Dans cet esprit, il y avait une règle qui voulait que tout bagnard condamné à moins de 8 ans de travaux forcés reste en Guyane après sa libération pendant au moins la durée de sa peine, et que tout bagnard condamné à plus de 8 ans de travaux forcés y reste jusqu’à sa mort. En pratique, tous les anciens bagnards libérés recevaient 200 francs à leur sortie, ce qui était très insuffisant pour se payer le billet de retour ( dans les 2000 francs). De plus, ils trouvaient rarement du travail, car ils restaient des bagnards, d’une part, et car les forçats fournissaient une main d’œuvre gratuite dans pratiquement tous les domaines. Beaucoup finissaient donc par mendier ou voler, et étaient arrêtés à nouveau. De nombreux témoignages mettent en avant cette misère qui commence à la sortie du bagne.

L’histoire serait très longue à raconter, entre l’histoire des bagnards, des gardiens, les travaux forcés, les difficultés de la vie dans les camps, les punitions et tortures, les évasions… Voici un condensé en quelques photos…

Pour vous donner quelques éléments de compréhension, il faut faire la différence entre les différents bagnards :

  • Les déportés : prisonniers politiques, anarchistes.. Ceux qu’on cherche à éloigner le plus possible, ils sont une centaine.
  • Les transportés : ceux ayant commis un délit grave (crimes, escroquerie, viol…). Lors de leur jugement, ils ont été condamné à des travaux forcés. Ils ont été 54 000 en Guyane, à Saint Laurent et dans les camps annexes.
  • Les relégués : les délinquants multi récidivistes, qui, dans un délai de 10 ans ont commis plusieurs délits (vols, mendicité, proxénétisme…). Ils sont réunis à Saint Jean du Maroni, au camp des relégués et représentent 17 000 condamnés.
  • Les libérés : une fois leur peine terminée, les libérés sont ceux forcés à rester en Guyane pour assurer le peuplement (voir plus haut).

Vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire du bagne ?

Plusieurs articles sont disponibles… Ici par exemple, ou dans les livres… Pas très gai, mais important à connaître..

Après avoir été abandonné pendant de nombreuses années, et même habitées par des personnes sans logement, un travail de restauration et de mise en avant du patrimoine historique est réalisé au Camp de la Transportation. C’est donc devenu aussi un lieu d’exposition, un lieu pour organiser des événements, des diffusions en plein air, etc…

Lulu

Une réflexion sur “Le bagne…

  1. Avatar de francis dauboin francis dauboin 26 novembre 2020 / 9 h 37 min

    interessant . bisous les enfants

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