Vacances, étape 1 : les îles du salut

Première étape de notre voyage : les îles du salut ! Nous sommes partis pour 2 jours sur l’île Royale, à 14 km de Kourou.

Les îles du salut sont tristement célèbres pour leur histoire. De nombreux sites ou reportages expliquent leurs histoires, petit rappel historique :

Les îles ont été nommées ainsi car en 1764, après une tentative (ratée) de peuplement de la Guyane, les survivants se réfugient sur ces îles. Effectivement, le continent leur avait été bien hostile : traversée de l’atlantique difficile, maladies, climat tropical, populations réticentes.. Sur les 12 000 hommes partis, la moitié périront. Une partie des survivants iront se réfugier sur ces îles, nommés « Îles du salut ». Mais c’est au XIXème que l’histoire du bagne commence.. Comment faire en sorte d’éloigner médiatiquement et politiquement les indésirables que la France rejettent ? En les envoyant de l’autre côté de l’atlantique, dans cet îlot perdu : c’est le début de l’histoire du bagne.

Les 3 îles ont chacune leur fonction : L’île Royale, la principale. C’est là que tout le système administratif du bagne se met en place : caserne, ateliers pour travailler, église, hôpital, maisons des gardiens, bâtiments des bagnards..

L’île Saint Joseph, pour les bagnards à la plus lourde peine : ceux qui ont tenté de s’évader, ceux réputé les plus dangereux…Ici, le silence est imposé et les conditions de vie encore plus difficiles.

L’île du Diable : la plus célèbre, pour avoir accueilli des prisonniers politiques, comme Dreyfus ou d’autres.

On aperçoit la petite cabane où vivait les prisonnier de l’île du diable

Aujourd’hui, on peut visiter l’île Royale et l’île Saint Joseph. Avec le confinement, le fonctionnement du tourisme à repris à vitesse réduite, nous avons pu voir seulement la Royale. Drôle d’ambiance dans un cadre idyllique. Des palmiers, des eaux claires (contrairement au bord des côtes Guyanaise), une nature verdoyante. Mais aussi les vestiges de cette histoire, finalement récente. Les bâtiments sont bien conservés et on retrace facilement l’organisation de la vie sur place. Une auberge assure désormais le tourisme. Nous avions opté pour une chambre, dans la maison des gardiens.. L’endroit à été réaménagé depuis la fin du bagne, mais c’est tout de même assez bizarre de dormir dans ces lieux historiques.. Maxime était pas forcément à l’aise, et moi non plus à l’idée de dormir dans ce qui a sans doute été la maison d’un bourreau et de sa famille.. Si nous avions choisi l’option hamac (fermé en ce moment), nous aurions dormi dans les anciennes bâtisses des bagnards.. C’est donc un drôle de mélange de sensation : on se baigne où les bagnards faisaient leur toilette (à l’abri des requins, nombreux à l’époque), on mange dans l’ancienne caserne militaire et on se repose face à la cabane où Dreyfus à passer de longues heures à espérer un nouveau procès..

Un autre aspect de l’île intéressant : la faune et la flore ! On a vu pleins de petites bêtes !! Un iguane, un ara, des perroquets, des agoutis, et pleins de singes Capucins !! C’est assez dingue de se dire que tous ces animaux sont visibles à leur état sauvage. C’est une des choses que nous apprécions en Guyane : tous les jours, nous voyons des animaux sauvages (autre que des pigeons).

J’ai trouvé l’ambiance pesante et je n’étais pas forcément à l’aise dans l’une des chambres des gardiens. L’atmosphère ne me rendais pas serein. La forte chaleur liée au contraste entre l’histoire honteuse de ce lieu et la beauté omniprésente de l’endroit est assez déconcertante. La dernière fois que j’ai ressenti cette ambiance pesante, c’était lors de la visite du camp de Birkenau (Auschwitz II) où j’avais eu du mal à comprendre le contraste entre l’histoire du lieu et certaines personnes qui prenaient des photos un peu partout, c’était déroutant.

L’activité touristique reprenant petit à petit, nous n’avons pas pu voir le bâtiment des bagnards et le musée. C’est dommage car cela fait bizarre de faire presque uniquement du tourisme simple sur un lieu chargé d’histoire. J’espère que nous pourrons y retourner pour voir Saint Joseph et voir le musée afin d’en apprendre plus.

Niveau positif, le lieu vaut le coup car on y retrouve les animaux et la nature comme presque partout en Guyane, mais cela fait plus carte postale et les paysages sont différents que sur le continent, ça fait plaisir de découvrir de nouvelles vues et de voir que la Guyane regorge d’endroits magnifiques.

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