Quelques infos sur Régina

Explication du blason : en haut le rond jaune symbolise la découverte de l’or dans l’Arataye (affluent de l’Approuague). La caravelle nous révèle la prépondérance du voilier qui, à l’époque, était le seul moyen de transport qui reliait l’Approuague à la Guyane. Dans la partie du milieu de l’écusson,c’est le maïpouri( tapir),s’appuyant sur un arbre chargé de fruits rouges et de branches vertes. Cet animal est très présent dans la zone. La rose en haut à droite, indique que l’endroit fut le fief du bois de rose.

Vous êtes plusieurs à nous demander à quoi ressemble Régina… Vaste question ! On s’est donc dit qu’un peu de précisions pourraient vous aider à nous imaginer vivre dans ce petit village de 900 habitants ! Les chiffres sont issus de mes recherches pour le projet social que je monte avec l’asso, les graphiques en moins 😉

 Régina-Kaw est une commune de l’Est Guyanais, situé à 107km de Cayenne et 80km de Saint-Georges de l’Oyapock, sur la route nationale 2. C’est une zone rurale dite « isolée » géographiquement et administrativement. En superficie, c’est la deuxième plus grande commune de France. Elle est située sur le fleuve Approuague.

L’Est Guyanais est composé uniquement de communes rurales, qui couvre un tiers de la Guyane mais seulement 2.8% de la population guyanaise. Parmi les 4 intercommunalités du territoire, l’Est est la moins peuplée, avec une croissance démographique restée faible. Entre 2010 et 2015, la population croît en moyenne de 0,8 % par an, alors que la population du reste de la Guyane augmente de 2,6 %. A Régina, les jeunes représentent 34% de la population.

A Régina, plusieurs communautés sont présentes : brésilienne, hmong, amérindienne, créole, métropolitaine, etc. Certaines communautés sont plus ancrées sur des territoires précis (la piste Corossony, le quartier brésilien…).

La majorité des logements est occupée comme résidence principale (67.4%), une autre partie correspond aux résidences secondaires (21%) et enfin, 11,4% des logements sont vacants. En faisant le tour de Régina, on observe d’ailleurs plusieurs maisons laissées à l’abandon. On sent que Régina a eu son heure de gloire, pendant la ruée vers l’or au départ puis avec la construction du pont de Saint Georges, reliant plus facilement la Guyane au Brésil ! Mais que cette période est un peu révolue : des maisons abandonnées, des services qui n’existent plus, la pompe à essence disparue… Si on s’intéresse au logement, il y a plus de maisons traditionnelles à Régina que dans le reste de la Guyane, à savoir des maisons en bois et des cases traditionnelles. Certaines familles vivent également en carbet (vous savez, ces habitations traditionnelles dont on vous avait parlé ? Allez, on vous remet des photos !)

A Régina, plusieurs équipements scolaires sont présents : l’école maternelle et primaire dans le bourg, le collège à l’entrée de Régina et la Maison Familiale Rurale à l’entrée de Régina. Au moins, les enfants sont ensemble de la maternelle jusqu’à la fin de leurs études !

Un des freins à la scolarité est lié au transport. Nous avons vu que l’offre scolaire était présente sur le bourg de Régina. Hors des populations vivent plus éloignées et les transports ne les desservent pas. Un transport récupère les enfants à l’entrée de la piste mais celle-ci est longue de 4km et difficilement praticable à vélo (poussière, flaque de boue…).

 La question de l’emploi est un enjeu pour la commune de Régina : diversification des emplois, création de poste, développement du commerce… Les possibilités d’emploi sur la commune restent faibles et entraînent donc un départ des personnes vers l’extérieur ou une dépendance importante aux aides sociales.  

Les catégories les plus représentées sont les employés (notamment grâce aux emplois liés à la commune) et les agriculteurs (lié à la présence des agriculteurs de la piste Corossony). Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont très peu nombreux. On recense 50 établissements à Régina : 16 dans l’industrie, 3 en construction, 24 en commerce, transport, hébergement, restauration, 2 services aux entreprises, 5 services aux particuliers. Mais l’économie informelle est assez présente : on chasse, on pêche, on plante, on vend…

Et on ne vous a pas parlé des gendarmes de Régina ? Ils sont 30 mobiles, remplacés tous les trois mois ! On ne sait pas trop ce qui les as amenés là… On sait ce qu’ils font par contre : ils imitent la douane à la sortie de Régina, direction Saint Georges (seule route qui va au Brésil). Ils contrôlent les véhicules, vérifient les identités, mais n’ont même pas le droit de fouiller les véhicules… Il y a aussi les gendarmes fixes, plutôt axés sur l’orpaillage illégal et autres trafics.

Les deux commerces essentiels à Régina sont l’épicerie, où les produits sont encore servis au comptoir et la boulangerie. On est fidèle au poste, tous les jours pour la boulangerie et régulièrement à l’épicerie qui reste le centre du village : on vient refaire le monde, boire une bière, manger une glace… C’est toujours animé !

Niveau santé, il y a un dispensaire avec infirmières et permanence de médecins trois jours par semaine. Un dispensaire mais pas de pharmacie… Il faut aller à Saint Georges, voir Cayenne chercher ses médicaments. La question du transport, de son prix (20 euros aller simple, 40 AR) et donc de l’accès aux soins est problématique. La population semble également regretter le manque de spécialiste : sage-femme, gynécologue, dermato, dentiste… Et tous les spécialistes des petits et gros bobos.

Et oui, la question de l’accès aux services est essentielle dans un village où 40% des habitants ont un véhicule. Pour se déplacer, il faut compter sur les taxis collectifs : des minibus qui parcourent les routes de Guyane. Avec Maxime, on a 7 numéros de téléphone. Pour le moment, on a toujours réussi à en trouver un qui veut bien s’arrêter à Régina sur le fameux trajet ‘Saint Georges-Cayenne’. Il paraît que le stop est compliqué sur la route de l’Est… Pourtant, de notre côté, on a plusieurs fois eu de la compagnie dans notre voiture, presque à chaque fois qu’on a pris la route d’ailleurs !

Niveau culturel, il y a l’écomusée de Régina, très bien côté ! Il retrace l’histoire des peuples de Guyane et de leurs modes de vie. Seulement, la responsable a été mutée à Saint Laurent et on craint sa fermeture définitive… La commune perdrait un de ses seuls attraits touristiques… Une médiathèque va être inaugurée il semblerait, en face chez nous. On attend et espère y voir des animations.

Parce qu’être un enfant à Régina, c’est vivre dans un immense terrain de jeux, presque sans voitures, où tout le monde garde un œil bienveillant sur l’autre, sans délinquance, avec une nature omniprésente et le fleuve pour la baignade après l’école. Mais c’est aussi savoir s’occuper lorsqu’on devient ado : pas de cinéma, pas de sorties en ville, pas de distractions ni lieux de sociabilité, peu d’équipements sportifs… C’est d’ailleurs pour ça que l’asso où je travaille existe : animer un foyer des jeunes et proposer des activités sportives, culturelles, manuelles, d’animation…

On dit souvent qu’à Régina il n’y a rien à faire ou bien, que tout est à faire. De mon point de vue, et attention, je suis là seulement depuis 3 mois, je dirai qu’il y aurait beaucoup à faire, mais est-ce que les habitants le veulent vraiment ? Vaste question auquelle j’essaie de répondre en ce moment pour ce fameux projet social ! Lulu

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