« Aventures en Guyane » de Raymond Maufrais

La 4ème de couverture :
« Voici l’un des récits les plus poignantes de l’histoire de l’exploration. En 1950, Maufrais a 23 ans lorsqu’il se lance seul et à pied dans la jungle guyanaise en direction des mythiques monts Tumuc-Hamac alors inconnus. On ne le reverra plus. Si un indien n’avait pas découvert par hasard ses carnets au bord d’une rivière, ce face à face exemplaire d’un homme avec son destin ne nous serait jamais parvenu. Le mystère de sa disparition hantera toute une jeunesse éprise comme lui d’idéal, d’aventure et de liberté. »
Mon avis :
Le début du livre est peu évident à lire car ce sont les notes de l’explorateur qui sont reprises et c’est assez décousu et pas très fluide à lire. Il y a une grosse phase de mise en place de son périple où il passe par de nombreuses galères puis arrive enfin le moment où il se retrouve seul avec son chien face à la jungle guyanaise. La lecture devient plus agréable et nous permet d’en découvrir plus sur la personnalité de Raymond Maufrais. Ce qui est certain, c’est que durant tout son périple, il en a bavé et n’a eu que très peu de moments de repos. Il n’est pas partit avec suffisamment d’argent pour avoir du matériel de qualité donc il a dû voyager avec un sac très lourd et du matériel défectueux. Il faut avoir un sacré courage pour partir à l’inconnu dans de telles conditions, en sachant combien la jungle guyanaise est inhospitalière pour l’être humain qui n’y est pas né.
Ce livre permet d’apprendre des mots de vocabulaire et de certains éléments de la vie guyanaise, comme les villages dépendants de l’orpaillage où tout se monnaie avec ce précieux métal qui est si dévastateur pour l’environnement et l’être humain, en Guyane et à-travers le monde.
Ce que j’en retiens, ce sont que le courage et l’envie d’inconnu sont importants et permettent de nombreuses réussites, mais un minimum de préparation peut parfois faire une grosse différence. Je suis content d’avoir poursuivi la lecture jusqu’à la fin car Raymond Maufrais possède un caractère qui force le respect et la fin a quelque chose d’assez poétique.
« Pénurie de graine » de Françoise James-Oussénie

4ème de couverture :
« Déjà, le bruit courait dans tous les foyers : les drapeaux de couleur jaune, blanche ou rouge ne dansaient plus la samba ou l’aléké sur aucune devanture ! Il n’y avait plus dans les bassines aux couleurs chatoyantes des revendeurs, ni les graines convoitées, ni les petits pots en fer qui servaient de mesure à deux euros cinquante !
Mes aïeux, le pays était en ébullition ! Personne ne pouvait croire à une telle pénurie ! Woy ! Pénurie de graines ! »
« Un pays est en pleine ébullition. À la veille carême et des fêtes pascales, on ne trouve plus aucune graine pour accompagner le jeûne ni pour préparer le traditionnel bouillon d’awara. Cette soudaine pénurie va révéler des crises plus profondes dans une société qui cherche sa voie.
Un journaliste, Morinel Dieusaint, va couvrir l’événement alors qu’il est lui-même dans la tourmente : son sacré chien d’amant vient de le quitter.
Enquêtes sociales, politiques et amoureuses s’entremêlent.
Pourra-t-on éviter le drame ? »
Mon avis :
Je voulais lire au moins un roman d’une autrice guyanaise, sur la Guyane évidemment. Beaucoup de personnes conseillent de lire des romans pour comprendre un peuple ou le contexte d’un pays. Depuis quelques années, je ne lis que peu de romans car j’arrive moins à accrocher et j’ai besoin de lire des choses plus factuelles, cependant j’ai énormément apprécié ce roman qui se lit rapidement. La double histoire qui y est décrite est prenante et les scènes sont superbement décrites. Beaucoup d’éléments de la culture guyanaise y sont évoquées et permettent de découvrir plus la communauté créole. Là où je vis, je suis plus proche de la communauté brésilienne de part la proximité avec le Brésil. J’ai donc appris plein d’éléments intéressants sur la politiques, la nourriture, les mœurs, … . Ce fut une lecture agréable et je suis heureux été bien conseillé par le libraire de la librairie « La Cas’à Bulles » à Cayenne qui est vraiment très bien fournie !
« Moi, Clément Duval : Anarchiste et Bagnard » de Clément Duval

4ème de couverture :
« Un siècle durant, des dizaines de milliers de condamnés ont été envoyées à la « guillotine sèche ». Rares sont ceux qui ont survécu au bagne, plus rares encores ceux qui ont pu raconter leur vie dans cet enfer. En 1887, l’anarchiste Clément Duval (1850-1935) proclame en cour d’assises le droit de se révolter mais aussi celui d’utiliser la fortune des riches pour servir sa cause. Condamné aux travaux forcés à perpétuité, envoyé en Guyane, il ne cesse pendant les quatorze années passées aux îles du Salut, d’affirmer les valeurs de l’anarchisme. Parvenu à s’évader lors de sa dix-huitième tentative, il est accueilli à New-York par des anarchistes italiens. Duval décrit dans ses mémoires, au-delà de la vie du bagne au jour le jour, la résistance à la faim, à la maladie, aux humiliations, et au système répressif »
Mon avis :
Les différents bagnes de Guyane sont riches d’histoires et je suis curieux d’aller les découvrir pour en apprendre plus. Je souhaitais lire sur le sujet pour en comprendre un peu plus avant de les visiter. Un ami m’a prêté ce livre qui permet vraiment de comprendre la réalité de la vie d’une personne vivant au bagne sur les îles du Salut, en sachant que chaque bagne accueillaient un type de personnes spécifiques et avait ses spécificités. Ce récit de vie permet de découvrir le quotidien d’un bagnard, entre travail, maladie, humiliations et tentatives d’évasion. C’est impressionnant le nombre de tentatives de s’enfuir de cet enfer décrit dans ce livre. Il permet aussi d’en apprendre pas mal sur l’anarchisme en France à la fin du XIXème siècle. Donc une bonne lecture et maintenant je vais plus me renseigner sur l’histoire de ces bagnes avant d’aller les visiter.
« Les Abandonnés de la République : Vie et mort des Amérindiens de Guyane française » d’Yves Géry, Alexandra Mathieu et Christophe Gruner

4ème de couverture :
« Avec un sixième de la superficie de l’Hexagone, la Guyane est la plus vaste région française. Environ dix mille Amérindiens de différents communautés y vivent, pour l’essentiel, sur la côté et le long des fleuves. Parmi eux, les Amérindiens du Haut-Maroni, installés au cœur de la forêt amazonienne, sont victimes depuis plusieurs décennies d’un double drame qui se joue dans le silence et l’indifférence. Des conditions de vie déplorables, une acculturation forcée qui provoquent parmi les jeunes une terrible épidémie de suicides. Et l’orpaillage clandestin, source d’une catastrophe sanitaire et environnementale – par la contamination au mercure qu’il provoque – dans un véritable climat de guerre.
C’est un tableau à la fois bouleversant et accablant qui s’offre ainsi au lecteur au moment même où, devant l’indifférence de la France, les Amérindiens ont décidé de déposer un recours contre l’État et tentent de mobiliser l’opinion internationale. Fondée sur de nombreux témoignages, cette enquête menée sur le terrain par Yves Géry, Alexandra Mathieu et Christophe Gruner saisit la réalité dramatique d’un peuple dont la survie dépend plus que jamais de la République. »
Mon avis :
J’ai l’habitude de lire des livres qui prennent du temps à lire ou à comprendre car il y a beaucoup d’informations dedans. Cependant j’ai eu beaucoup de mal à lire ce livre. Il est très bien écrit, sourcé et permet de bien comprendre la situation amérindienne en Guyane. Mais il est difficile car il montre une situation de détresse et tous les échecs auxquels se sont confronté.es les Amérindien.nes ! Que de promesses de la part des différents gouvernements français, mais aucune de tenue et toutes les initiatives hors système qui étaient ô combien bénéfiques ont été détruites par l’État français. Je ne portais déjà pas dans mon coeur les différents gouvernements français depuis la fin de la 2nde guerre mondiale, mais ce livre n’a fait que confirmer que l’unique intérêt de ces derniers est l’argent : la Guyane sert de base spatiale, de récolte d’or et de point d’ancrage dans le continent sud-américain, c’est tout (sans oublier le bagne comme vue dans le livre précédent). À aucun moment, la prise en compte des personnes vivants sur place n’a été faite, ils ont justes été dévastées et aujourd’hui survivent tant bien que mal. La Guyane n’est qu’une autre colonie française qui est répertoriée comme DOM-TOM, voilà la réalité. Ce livre l’illustre parfaitement. Bref, la situation semble inextricable car la seule entitée qui peut améliorer de façon significative les conditions de vies des Amérindien.nes de Guyane est l’État français, mais vu que c’est déjà lui qui les a rendu aussi déplorables, à quoi bon espérer quelque chose qui est à des siècles de leurs projeeeeeeeeets.
Quelques infos :
Aujourd’hui, en Guyane, 7 nations autochtones amérindiennes sont présentes : Kali’na Tilewuyu, Wayana, Apalaï, Teko (Émérillon), Wayampi, Lokono (Arawak), Pahikweneh (Palikur). Ils sont aux alentours de 10 000 en Guyane. Ce livre s’intéresse plus aux Amérindiens vivant aux alentours de Maripasoula, donc l’intérieur guyanais en direction de l’Ouest. Ce livre récolte les témoignages principalement de Wayana et également de Bushinengués : autre peuple autochtone de Guyane qui est le peuple descendant des esclaves africain.es qui étaient amené.es pour travailler au Suriname, dans les plantations. Des villages amérindiens existent un peu partout en Guyane, ici à Régina il y en a un. Chaque village à son chef coutumier et il y a un chef des chef qui est appelé « Gran Man » et qui représente une nation, celui des Wayana se nomme Amaïpoti et a plusieurs fois interpellé les pouvoirs publics sur la situation du peuple qu’il représente.
« Cosme » de Guillaume Meurice

4ème de couverture :
« Cosme ou l’histoire d’un fils d’immigrés espagnols, agrégés de rien, pas même bachelier, qui découvre le Graal de la poésie française : le sens caché du poème sulfureux et mystique de Rimbaud, Voyelles. »
« Guillaume Meurice le suit, de son enfance dans les rues de Biarritz à cette quête poétique dans son minuscule appartement parisien, en passant par la délinquance des banlieues chaudes de la capitale, un service militaire à décrypter des messages secret ; le tout entrecoupé d’heures interminables dans différents clubs d’échecs. Cosme, c’est aussi l’amitié chevillée au corps au gré des rencontres, et la passion des mots qu’il dévore dans ses lectures ou qu’il travaille pour scultper d’improbables sonnets.
Une vie entre passions partagées, infinie solitude, vertiges, long dérèglement des sens. Le récit d’un homme libre. Poète. Voyant ? »
Mon avis :
Étant un grand fan de Guillaume Meurice, je souhaitais lire ce livre même si le sujet me motivait moins et n’est pas le style que je lis habituellement. Je n’ai pas été déçu, cela permet de découvrir la vie d’une personne qui a navigué dans des milieux que je ne connaissais pas (délinquance, clubs d’échecs, poésie, …). La lecture est confortable et se dévore rapidement. La fin est écrite par Cosme lui-même pour expliquer la façon dont il a réussi à décrypter le poème de Rimbaud donc il y a 2 styles d’écriture et cela permet de bien comprendre la façon de penser de cet artiste assez hors-du-commun.
« Le Pingouin » d’Andreï Kourkov

4ème de couverture :
« Pour tromper sa solitude, Victor Zolotarev a adopté un pingouin au zoo de Kiev en faillite. L’écrivain au chômage tente d’assurer leur subsistance tandis que le manchot déraciné traîne sa dépression entre la baignoire et le frigidaire vide. Alors, quand le rédacteur en chef d’un grand quotidien il saute sur l’occasion. Un boulot tranquille et lucratif. Sauf quand il s’agit de rédiger des notices sur des personnalités… encore en vie. Et qu’un beau jour, ces personnes se mettent à disparaître pour de bon.
Une plongée dans le monde impitoyable et absurde de lex-URSS.
Un roman culte. »
Mon avis :
Je ne connais que peu l’histoire post URSS, car je ne me suis que peu renseigné sur cette partie du monde. J’ai beaucoup aimé ce roman, à la fois très sombre avec une ambiance pesante et loufoque avec la présence permanente du manchot qui est plutôt déconcertante. Il se lit très bien et permet de comprendre l’atmosphère d’un pays comme l’Ukraine au milieu des années 1990. Ce qui est sûr c’est que ce n’était pas l’époque la plus festive et que le quotidien avait l’air plutôt sombre et triste. Je suis content d’avoir appris un peu de choses sur cette partie du monde et je ne manquerais pas d’en discuter avec Justine et Rémi qui sont bien plus renseignés que mois sur ce sujet.
Max