Janvier 2020, le Guyane s’ouvre à nos yeux. Arrivée nocturne, le paysage se laisse deviner et semble bien sauvage.
Puis les premiers temps, la découverte de ton boulot et le stress des échéances. De mon côté, le stress de ne rien trouver d’intéressant, de devoir partir vivre sur Cayenne. Les débuts ne furent pas toujours simple.
Le quotidien a fini par s’installer et le confinement est arrivé. Nous deux dans notre gîte couvert d’humidité, à travailler en ayant une vue imprenable sur nos toilettes, tout en profitant de la proximité avec le beau fleuve Approuague.
La Guyane nous a plu au fur et a mesure des jours et ce fut une découverte permanente. Les carbets, le kayak, les fleuves, les jus, les animaux … . Nous avons pleinement profité de ces 17 mois.
Nos boulots ont évolué et nos séjours loin de Régina nous ont permis de découvrir plusieurs petits bouts de la belle Guyane.
Le déménagement fut au début déplaisant, mais le confort de notre nouveau logement a rapidement inversé ce sentiment.
Le petit interlude de décembre nous a ressourcé et permis de profiter de nos derniers mois réginanais.
Aujourd’hui, le temps du retour est arrivé. Nous repartons avec plein de souvenirs et la joie d’avoir découvert une région qui mérite que l’on en parle avec plus de passion.
Max.
17 mois (version 2)
Régina, un petit bout de toi
Voyagera toujours en moi
La Guyane et toutes ses odeurs
Garderont une place dans mon coeur
Les douches froides et l’humidité
Voilà des choses qui ne vont pas me manquer
Dachine, ta place est auprès de nous
Savane, nous aurions tellement aimé te faire un dernier coucou
La forêt et les fleurs nous accompagnent en photo
Tout comme les pirogue et notre belle auto
Catan et les panachés
Ont accompagné le calme des carbets
Des palmiers et des animaux
Ont agrémenté nos randos
Du Brésil, nous n’avons connu que la pluie
Mais y retourner est dans un coin de notre esprit
Mieux vaut être seul.e que mal accompagné.e
En kayak, voici la règle à respecter
Cette aventure fut belle
Tout autant que cette région et son ciel
De tendres retrouvailles sont à venir
Elle seront source de plaisir
Peu importe ce que l’avenir me réservera
Une chose est sûre, Régina tu me manqueras !
Max.
Un si beau peyi
Sous un abri de tram, une soirée d’hiver
c’était officiel, nous partions vivre en Outre-Mer.
De la Guyane, nous ne savions rien
peut-être quelques légendes et contes Amérindiens.
On ne nous as pas poussé à partir,
pour certains, il fallait s’attendre au pire.
Notre premier souvenir, c’est sur cette longue route traversant la nuit.
Puis, les premiers pas vers la boulangerie, bien évidemment sous la pluie.
Mais les mois sont passés et nous avons appris à t’aimer.
Belle Guyane, tes étendues sont parfois si sauvages,
ne le prend pas mal, car tu nous as offert de si beaux paysages.
Je ne pourrais tous les citer,
nous avons contempler si souvent ta beauté.
Comme vous dites ici, nous avons arpenté le pays.
De carbet en carbet, nous avons bravé l’humidité,
souvent en voiture, parfois à pied,
c’est finalement la pirogue que nous avons préféré.
Ta forêt est parfois vu comme un enfer,
pour nous, elle incarne les plus belles nuances de vert.
Sans parler de ta diversité culturelle,
car c’est aussi ce qui te rend si belle.
Ici, on ne compte même plus le nombre de langage,
il n’y a pas à dire, c’est une terre de partage.
Bientôt, notre cœur sera ailleurs,
mais nous ne sommes pas prêts d’oublier ta grandeur.
Quand à toi Régina, tu resteras pour moi ce beau village, cet au-delà.
Tu n’es pas souvent apprécié à ta juste valeur,
et pourtant, tu es haut en couleur !
C’est déjà l’heure de décoller,
un dernier regard sur la canopée, elle va manquer.
On aurait bien envie de vous montrer pleins de photos de nos trois jours en forêt mais il a tellement plu que c’était compliqué de sortir l’appareil, même le téléphone et aussi, parce que celles que j’ai faîtes, sont ratées héhé.
Alors plutôt que de parler de nos trois jours en forêt, je vais vous parler de notre séance de pêche sur le fleuve, le 2ème jour !
Ce guide aime beaucoup la pêche, et il l’exerce de trois façon :
à la canne à pêche, fabriquée avec du bois de mao (léger et souple)
avec des trappes (pour pêcher le poisson aimara notamment)
au filet
Ce n’était pas la première fois que nous péchions ensemble, mais cette fois-ci, c’était peu fructueux… Première tentative, à la canne à pêche :
J’avoue que je suis un peu déçue car après 1 an et demi en Guyane, je n’ai pas réussi à avoir un seul poisson, malgré de nombreuses touches… Paraît que je sais pas levée soudainement ma canne à pêche…
Deuxième type de pêche : la trappe ! Moi, ça m’impressionne beaucoup plus parce qu’on pêche de l’aimara, un poisson préhistorique qui fait un peu peur à voir (gros yeux rouges, dents pointus). Et qui peut être assez gros !
C’est moins technique puisque c’est plutôt de la chance, on met des gros hameçons, avec du poisson dessus, et on laisse pour la nuit. Au petit matin, on découvre : poisson ou pas de poisson. On en a eu un seul cette fois ci. Bien sûr il faut trouver le bon endroit : du courant, mais pas trop, proche des berges, pas trop de fonds…
Et enfin, le filet, on a pas de photos à vous montrer, parce qu’on était tous les deux occupés à le poser, puis à le récupérer. 0 poisson sur un filet de 60 mètres… Un peu nul n’est-ce pas ?
Je tiens à préciser que j’étais impressionnée par le fait que le guide a fabriqué lui même son filet, à la main. Il a mis environ 3 mois pour faire son filet…
Allez, même si c’est hors sujet, voici quelques photos du carbet où nous étions :
Ci-dessous, les différents livres que j’ai lu durant le derniers mois. Ce sera le dernier de Guyane car le départ est prévu pour le 8 juin, ce qui va très vite arriver ! De plus, depuis quelques temps je suis plongé dans la lecture de « Capital et Idéologie » de Thomas Piketty, c’est un pavé pas toujours simple à lire donc je vais rester dessus encore quelques semaines.
« Où en sommes-nous ? Une esquisse de l’histoire humaine » d’Emmanuel Todd
4ème de couverture :
« De l’émergence d’homo sapiens à nos jours, cette brève histoire de l’humanité est délibérément tournée vers l’intelligence du monde tel qu’il se recompose sous nos yeux.
Or, c’est dans les profondeurs les moins conscientes de la vie sociale, celles auxquelles Emmanuel Todd a consacré sa vie de chercheur, que gît l’explication de ce qui nous apparaît aujourd’hui comme le grand désordre du monde.
Il s’agit ainsi de saisir la dynamique de longue durée des systèmes familiaux, l’articulation de ces systèmes avec la religion et l’idéologie, d’explorer les ruptures induites par le progrès éducatif si l’on veut comprendre l’effet de divergence qui affecte les nations avancées : le paradoxe d’un homo americanus simultanément innovateur et archaïque, le phénomène Trump, le manque de réalisme des volontés de puissance allemande et chinoise, l’efficacité russe, la renonciation japonaise, les récentes métamorphoses de l’Europe et le Brexit.
Cette revisitation magistrale de l’histoire de l’humanité nous permet finalement d’apercevoir en toute lucidité ce qui nous attend demain. »
Mon avis :
Livre pas simple à lire et que j’ai mis beaucoup de temps à finir. L’introduction qui parle du religieux, du politique et de l’éducation avec des échelles de temps est fascinante. Le reste du livre intrigue, mais si les structures familiales ne sont pas évidentes pour la personne qui lit, il faut s’accrocher pour comprendre le livre. J’ai beaucoup aimé lire ce livre même si j’ai dû relire plusieurs fois certains passages.
« Amazigh raconte l’histoire vraie de Mohamed Arejdal.
Mohamed, jeune Marocain, entreprend clandestinement, comme tant d’autres, le voyage vers l’Europe. Cette traversée, si elle échoue, n’en est pas pour autant un drame, et ce qui lui apparaît d’abord comme un cauchemar – traversée périlleuse, arrestation, évasion, prison, expulsion et retour au Maroc – pourrait même le conduire vers un rêve… Car ce n’est pas un retour à la case départ. Cette expérience provoque une prise de conscience, et Mohamed va reprendre ses études, intégrer une école d’art et peu à peu émergera l’artiste aujourd’hui reconnu internationalement. »
Mon avis :
Déçu par la fin, j’aurais aimé voir la suite, une fois que Mohammed est de retour à la case départ afin de comprendre son ascension dans le domaine de l’art. L’histoire de son voyage clandestin vers l’Europe ne fait que renforcer mon désaccord avec la politique migratoire européenne et la façon inhumaine dont sont reçues les personnes qui viennent d’arriver sur le sol européen. La violence et l’humiliation sont omniprésentes et ne règlent rien du tout.
« Murmures à la jeunesse » de Christiane Taubira
4ème de couverture :
« Attentats, lutte antiterroriste, état d’urgence… comment, dans ce contexte, préserver les valeurs qui sont le socle de la République ? Déchéance de nationalité : peut-être est-ce faire trop de bruit pour peu de chose ? Peut-être serait-il plus raisonnable de laisser passer ? « Je ne suis sûre de rien, sauf de ne jamais trouver la paix si je m’avisais de bâillonner ma conscience. ».
Christiane Taubira revient sur les tragiques événements de 2015, raconte comment ils ont été vécus au sommet de l’État, quelles sont les forces obscures qui structurent ce nouveau terrorisme, comment on embrigade de jeunes Français pour les transformer en tueurs… Mais la République possède en elle-même la puissance de riposte nécessaire, une riposte qui ne requiert aucun reniement si elle s’inspire de l’histoire de ses combats. L’auteure appelle les citoyens à trouver dans la culture et la beauté les raisons de défendre avec la plus farouche détermination les valeurs de notre société. Par ces temps troubles et incertains, les paroles de Christiane Taubira élèvent le débat et redonnent espoir à la jeunesse. Paroles d’une femme de conviction, paroles d’une femme libre. »
Mon avis :
L’idée du livre m’a plu et Christiane Taubira, au vue des lois qu’elle a défendu (esclavage reconnu comme crime contre l’humanité, mariage pour tous, …) et son origine guyanaise ont fait que je souhaitait lire au moins un de ses ouvrages.
Au final, je trouve l’écriture peu abordable pour un essai qui est censé s’adresser à tout une génération et ses références à des auteur.rice.s qui sont de sa génération mais pas contemporain.e.s de la jeunesse à laquelle elle s’adresse. Je trouve cela dommage de citer presque uniquement des personnes d’une autre époque et de ne pas faire l’effort de citer des personnes contemporaines. A titre personnel ça ne me parle pas et ça ne me parlait déjà pas au lycée donc je n’ai pas apprécié ce livre.
« Le Capital » de Karl Marx et Hiromi Iwashita
4ème de couverture :
« Angleterre, XIXe siècle. Dans un petit village au paysage bucolique, un triangle amoureux se forme entre les jeunes Roy, Oscar et Claire. Mais la petite fabrique créée par Roy, qui se développe en même temps que le capitalisme, provoque une véritable tempête… »
Mon avis :
L’idée d’utiliser le format d’un manga pour expliquer des concepts philosophiques est vraiment cool ! J’ai reçu ce manga dans un colis provenant de Bretagne, de chez Caro et Niels. Ce fut cool de lire une référence sous un format que j’aime beaucoup. Cela permet de comprendre le concept de façon général et si l’on souhaite approfondir, a nous d’aller acheter l’œuvre originale.
« Ainsi parlait Zarathoustra » de Friedrich Nietzsche et Ichirô Horie
4ème de couverture :
« Je veux gagner ! Être le plus fort ! Devenir le meilleur joueur de foot au monde ! » Tel était le rêve d’un jeune garçon passionné de football. Mais la réalité est loin de correspondre à ses attentes. Frustré, il fait alors la rencontre d’un mystérieux vieillard. Le garçon se laisse entraîner par ses paroles, et finit par saisir les grandes lignes de la vie. »
Mon avis :
J’ai toujours été intrigué par Nietzsche, j’en ai entendu beaucoup de bien. Je n’ai jamais pris le temps de lire un de ses livres donc découvrir un de ses classiques par le manga m’a plu. Je ne pense pas que je puisse comprendre une œuvre complète de ce philosophe mais le format court et qui illustre le concept à-travers le football m’a séduit. Merci mes nakamas breton.ne.s pour la découverte !
« Tropiques Toxiques – Le scandale du chlordécone » de Jessica Oublié, Vinciane Lebrun, Nicolas Gobbi et Kathrine Avraam
4ème de couverture :
« La banane. L’un des principaux fleurons de l’économie des Antilles françaises. Afin d’en assurer le rendement, un pesticide – le chlordécone – a été utilisé très largement entre 1972 et 1993. Aujourd’hui, en Guadeloupe et à La Martinique, les terres sont contaminées pour des centaines d’années et la molécule est présente dans les corps des 800 000 personnes qui y vivent. Scandale environnemental ? sanitaire ? d’Etat ? Les débats sur cette molécule passionnent et opposent régulièrement, politiques, producteurs de bananes, chercheurs, avocats et acteurs de la société civile. Si la question de la responsabilité doit encore être tranchée devant les tribunaux, les Antillais doivent, eux, résoudre une question tout aussi essentielle : comment vivre dans un environnement à jamais pollué ? »
Mon avis :
Ce scandale, j’en avais déjà entendu parlé à plusieurs reprises mais jamais de façon précise. Ce livre apporte énormément d’infos sur le sujet et détaille tous les éléments liés à ce pesticide. Encore une fois, le profit l’emporte sur l’humain et aujourd’hui la consommation de la banane antillaise se fait comme si rien ne s’était passé. Un exemple de plus qui prouve que les Outre-mers ne sont qu’un gagne-pain ou un terrain d’expérimentation (arme nucléaire, spatial, …) pour l’État français et que la question humaine n’est pas la priorité. Le reproche que je peux faire à ce roman graphique est qu’il est vraiment très dense et que cela ne rend pas la lecture simple. Cependant il permet de découvrir tous événements liés au chlordécone et tous les problèmes qui tournent autour.
« Contes de la forêt vierge » d’Horacio Quiroga
4ème de couverture :
« La tortue géante sauve l’homme blessé en le transportant sur son dos. Le perroquet gourmand se venge du jaguar qui lui a arraché les plumes de la queue. Les flamants roses portent de drôles de chaussettes qui font rire les tatous mais pas du tout les vipères. Les coatis trouvent les petits de l’homme assez gentils pour se laisser apprivoiser pendant que les raies affrontent les jaguars et que les caïmans et les surubis protègent leur fleuve des bateaux à vapeur. Horacio Quiroga raconte ces animaux de la forêt vierge du nord de l’Argentine à ses enfants, et depuis très longtemps, tous les enfants d’Amérique du Sud aiment ces histoires qui font un peu peur. »
Mon avis :
De temps en temps j’achète des recueils de contes que je garde car cela me permet de changer mes lectures. Dans ce recueil, toutes les histoires ne m’ont pas accrochées mais l’univers de la forêt vierge me plaît.
« Comment chier dans les bois ? » de Kathleen Meyer
4ème de couverture :
« Une question qu’a priori, on ne se pose pas. Dans l’esprit de tous, il suffit de trouver un endroit tranquille, de se mettre en posture, et quitter les lieux une fois l’affaire faite. Et c’est ainsi qu’au détour d’un sentier, il n’est pas rare de se trouver face à une rangée d’immondes étrons surmontés chacun – cerise sur le gâteau – d’une petite boulette de papier toilette…
Depuis sa première publication en 1989, le best seller international de Kathleen Meyer est le “livre de chevet” des randonneurs. Délire écolo américain ? Le sujet mérite vraiment réflexion et justifie vraiment la lecture de ce livre “sérieux” écrit non sans malice. »
Mon avis :
Un ami m’a offert ce livre qui a une forte connotation humoristique. J’étais hésitant sur l’idée de le lire entièrement et au final le contenu est cool et donne plein de conseils pour les personnes souhaitant passer plusieurs jours dans la nature tout en la respectant du mieux possible. Le sujet est délicat mais nécessaire pour éviter de commettre des erreurs pouvant avoir de graves conséquences.
« Penser dans l’urgence : parcours critique d’un humanitaire » de Catherine Portevin
4ème de couverture :
« Figure emblématique de l’action humanitaire, Rony Brauman fut longtemps président de l’association Médecins sans frontières. En plus de ses innombrables missions sur le terrain, aux quatre coins du monde, il s’est fait connaître par la réflexion critique qu’il a élaborée, au fil des ans, sur l’humanitaire lui-même et ses limites. Chez Rony Brauman, ce questionnement ne cesse de croiser d’autres soucis très contemporains : sur la médecine et la santé publique, sur le totalitarisme, sur les usages politiques de la mémoire, sur le statut de la victime. A ce titre, son parcours et son témoignage sont véritablement uniques. Ce long bilan autobiographique prend ici la forme d’entretiens avec la journaliste Catherine Portevin »
Mon avis :
J’ai assisté sur Bordeaux à une conférence de Rony Brauman qui m’avait intéressée. Le fait de questionner et d’apporter de la théorie et de la critique au domaine de l’humanitaire est primordial. Il le fait depuis plusieurs années, même si je ne suis pas à fond derrière lui sur toutes ses positions, il a permis de développer toute cette réflexion sur l’action humanitaire qui permet de l’a rendre plus efficiente. Lire un entretien est un peu frustrant car j’aurais préféré le regarder.
« Alexandre Jacob : Journal d’un anarchiste libertaire » de Gaël Henry et Vincent Henry
4ème de couverture :
« Alexandre Marius Jacob (né en 1879) est un homme à la destinée extraordinaire ! Il aura sillonné les mers du globe, embrassé la cause anarchiste, constitué une « équipe de travailleurs de la nuit » créditée de près 500 cambriolages dans les demeures bourgeoises et les églises (pour donner aux pauvres), transformé son procès en tribune politique et survécu au bagne de Cayenne où il passa 22 ans… Bref, un personnage hors-normes qui tient tout à la fois d’Arsène Lupin, de Robin des bois et de Papillon. »
Mon avis :
Bande dessinée très agréable à lire. On se plonge dans la pensée d’un anarchiste libertaire et c’est extrêmement intéressant de comprendre les actions de son groupe et les valeurs qui son défendus par ce mouvement.
« Petit manuel des colonies françaises » de Grégory Jarry et Otto T.
4ème de couverture :
« Si la France occupe aujourd’hui un rang de première catégorie parmi les nations du monde, c’est qu’elle a su, par le passé, prendre part à la plus belle des entreprises humaines : la Colonisation. Cette histoire, que vous connaissez peut-être mal, nous a permis de manger des citrons et des bananes en toutes saisons depuis des générations.
Les colonies françaises racontées par le général de Gaulle, de l’Amérique française à l’Empire d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, en passant par la décolonisation, la Françafrique sans oublier les immigrés, l’intégrale de ce qui s’est réellement passé car ça finira forcément par se savoir un jour ! »
Mon avis :
Les dessins et le ton humoristique et provoquant de cette bande dessinée sont géniaux et permettent d’apprendre énormément de choses sur toute l’histoire liées aux colonies : intérêts stratégiques, dessous de table, Françafrique, décolonisation, guerres, … . Ces apprentissage sont nécessaires pour comprendre la France d’aujourd’hui et ne pas croire les discours mettant toujours en valeur la France comme un beau pays qui ne fait que des bonnes choses. Une très bonne lecture !
Un court article pour vous montrer la jolie tortue verte que j’ai observé ce matin sur la plage ! 😀
C’est rigolo de se dire qu’on la voit ici, à un moment donné mais qu’elle reviendra sans doute dans 2, 3 ou 5 ans ! D’ailleurs, j’ai découvert un site internet où on peut suivre Jade, une tortue luth équipée d’une puce, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle voyage !
La dernière fois qu’on avait observé une tortue, c’était en mai 2020, vers 23h et sous la pluie. On avait alors écrit un article sur ce blog pour vous en dire plus sur ces petites bêbêtes. On avait pas pu prendre de photos.. Mais là, au lever du soleil, c’était beaucoup mieux :
Qui de l’homme ou la tortue était le premier sur Terre ? La tortue biensûr 😀
Ci dessus, vous pouvez la voir en train de pondre, ça peut durer environ 1h30, le temps qu’elle arrive, creuse un trou, ponde ses œufs et surtout les recouvre pour pas qu’ils soient découverts par un chien ou autres prédateurs.
Et c’est déjà l’heure de repartir pour parcourir les océans…
Ceux qui nous connaissent le savent bien, ce n’était pas au programme de partir dans l’Ouest, on visait plutôt le Sud. Mais que voulez-vous, parfois on rate des avions et on reprend la clio. Et ce sont quand même de bonnes vacances !
Retour en image et avec quelques textes sur ces 6 jours.
Un peu pris par surprise par ce changement de programme, on a s’est rapidement dit « bon on va aller dans l’ouest », sauf que c’était plus compliqué que prévu, les hébergements étant déjà complet. On réserve pas souvent pour le soir même en Guyane, l’offre n’est pas assez importante malheureusement.
Je voulais quand même prendre la route dès les heures suivants le vol raté, pour quand même avoir l’impression de démarrer les vacances quelque part. Direction Kourou et les Iles du Salut pour notre premier jour de vacances. On a voulu retourner aux Iles parce qu’on avait vu seulement l’île royale, et pas l’île Saint Joseph.
Nous sommes donc parti le vendredi matin, sur une mer agitée, en catamaran. Ce n’était pas forcément une traversée agréable, avec la pluie et le vent en plus… Mais nous sommes arrivés à l’île royale, et on a filé au bar se réchauffer. On avait déjà vu l’île donc on était moins motivé à refaire l’ensemble des vestiges du bagne.
Leur nombre est impressionnant sur l’île. Le problème, c’est qu’ils sont désormais trop nombreux pour la surface de l’île et la nourriture disponible. Et les touristes qui donnent à manger les rendent un peu agressifs. Si bien que maintenant, quand il voit quelqu’un manger, ils ont tendance à vouloir chiper. Le média Guyane la 1ère, chaîne principale d’informations en Guyane, en parle dans cet article.
De notre côté, nous sommes donc pas pour nourrir ces animaux et les encourager à s’approcher de l’humain. Un des singes a d’ailleurs fini par mordre la dame qui lui donnait des cacahuètes. Et durant notre pique nique, plusieurs singes nous ont forcé à ranger nos sandwichs si on ne voulait pas qu’il s’approche trop…
Petit aperçu des singes :
Singe Saimiri
Singe Saimiri
L’après-midi, nous avons rejoint (à la nage pour Maxime, en zodiac pour ma part) l’île Saint Joseph. Pour rappel historique, les trois îles qui composent les îles du salut avaient chacune leur fonction. L’île Royale (photos ci-dessus) était dédiée principalement à l’organisation de l’administration pénitencière : maison du directeur, hôpital, ferme, église, maison des gardiens et la bâtisse pour les bagnards condamnées à mort.
L’île Saint Joseph était surnommée « l’île du silence », les bagnards n’ayant pas le droit de parler, sous peine de sanctions. Elle était destinée aux prisonniers les plus difficiles ou ayant tenté de fuir.
Aujourd’hui, la conservation du patrimoine s’est surtout organisée autour de l’île Royale, si bien que sur l’Île Saint Joseph, la nature reprend ses droits et les vestiges tombent petit à petit dans l’abandon…
Il existe également sur cette île le cimetière des gardiens, des familles de gardiens, des sœurs et de tout le personnel de l’administration pénitentiaire. Les bagnards étaient directement donné aux requins..
Une fois la visite finie, retour à Kourou pour ensuite prendre la route de Saint Laurent du Maroni. Le samedi, journée détente, on a fait une expo dont on vous parlera dans un prochain article.
Le dimanche matin, nous sommes allées au marché de Javouhey. Comme Cacao, c’est un village Hmong. Je vous invite à relire cet article pour vous remémorer leur histoire.
Pour ma part, je l’ai trouvé plus authentique que celui de Cacao, car beaucoup moins touristique. J’ai bien aimé m’assoir à une table et regarder les gens défiler, les vendeurs s’affairer, tous et toutes avec une humeur particulièrement souriante.
Nous avons ensuite filé sur Mana, pour découvrir le centre d’art de Mana, et son exposition « Entre 2 mondes », exposition réalisée par un collectif d’artiste sur la rencontre entre les Amérindiens et les Colons à leur arrivée en Guyane et au Brésil.
Pour ma part, j’ai trouvé les créations d’art jolies pour certaines mais j’ai eu du mal avec le format de l’exposition. Il y avait du réel et de l’imaginaire au même endroit, si bien que je ne savais plus trop le fil. J’ai fini par seulement regarder les murs sans suivre les panneaux.
Le soir, nous avons dormi au gîte Moutouchi, un super endroit ! Perdu sur une piste après Saint Laurent du Maroni.
Nous avons passé pas mal de temps à lire, jouer, discuter avec les propriétaires… Finalement, les vacances c’est ça aussi 🙂
Ma photo préférée des vacances héhé !
Et nous avons décidé de reprendre la direction de Kourou le lundi pour couper la route en deux. Nous avons ainsi terminer notre séjour avec la compagnie des Saimiris, au camp Maripa. C’était rigolo de dormir en les écoutant dans les arbres et les voir sauter de feuilles en feuilles au petit déjeuner !
Nous avons aussi vu une belle matoutou, une mygale de Guyane ! Elle a même dormi au dessus de ma tête, pas d’inquiétude, elle n’est pas dangereuse
C’est une fois sur la piste qui mène à ce carbet que l’on comprend pourquoi il s’appelle ainsi.. Et on le comprend d’autant plus quand on y arrive ! C’est une sacré aventure, et un super dépaysement, à 30kms de Régina. On nous avait chaudement recommandé ce carbet, et nous n’avons pas été déçu !
Le carbet Bonnaventure est un ancien camp d’orpaillage (légal). Effectivement, nous sommes dans une zone riche en or, et les garimpeiros ne sont pas très loin ! Mais nous, on a croisé que des gens sympas, des serpents, et d’autres petites bébêtes.
Le weekend à commencer dans la boue ! Faut dire qu’il pleut pas mal en ce moment, et quand on s’aventure sur une piste, on ne sait jamais trop si ça va passer (mieux vaut d’ailleurs avoir des planches dans son coffre).
La route était mouvementée, mais on y est arrivés. Notre copine Justine s’est embourbée deux fois, à l’aller et au retour.. Heureusement, il y avait le propriétaire, sa voiture et sa corde pour remorquer. Puis au retour, Maxime pour aider dans les manœuvres… D’ailleurs, on vous parle souvent de la RN2, la route qui relie Cayenne aux villes de l’Est, dont Régina. On a pris le temps de vous faire une vidéo pour vous donner une aperçu !
Revenons à nos moutons :
Mais une fois arrivée, on ne veut plus repartir ! Plus d’une vingtaine de palmiers différents décorent cet immense terrain où plusieurs carbets accueillent les visiteurs ! Au fond du terrain, une crique pour se baigner et des layons tracés (=chemins de randonnée).
Notre carbet pour le weekend
Nous étions partis dès le vendredi soir, on a ainsi pu encore plus profiter des lieux ! Une nuit en hamac c’est bien, deux nuits, c’est bien mieux ! Et puis sans réseau, on coupe encore plus du monde qui nous entoure !
Le samedi, on s’était dit qu’on ferait le layon des cascades, un petit sentier de 6kms. On nous avait dit « c’est balisé ». Effectivement, ça l’était ! Sauf que, mauvaise guide que je suis, et à la tête du groupe, je n’avais pas vu que c’était balisé à droite ET à gauche. Il fallait prendre à gauche, nous avons d’abord pris à droite… C’est là qu’on a commencé à rigoler : on ne comprenait pas pourquoi les rubalises étaient le long de la rivière, et nous forçait à avoir de l’eau jusqu’au genoux pour continuer.. Mais on continuait, puis qu’après tout c’était balisé ! On rigolait pour ne pas trop réfléchir à tout ce qu’il pouvait y avoir dans cette eau marron (rien de bien méchant, mais rien de bien rassurant non plus). Au bout de 25 minutes dans l’eau, on a quand même trouvé cela bizarre… Et il n’y avait plus de rubalises… On s’est alors dit « c’était peut être à gauche au départ du sentier…. ». Demi tour. Et effectivement, il y avait un sentier, les pieds aux secs 😀
Comme souvent avec les galères, on en rigole par la suite
Et nous voilà parti pour le vrai sentier :
La randonnée est sympa, pas trop longue mais il y a beaucoup d’arbres couchés à franchir, et c’est pas toujours facile. C’est finalement le plus fatiguant. De mon côté, j’ai bien aimé passer sur les troncs couchés au dessus des rivières. Ça demande un peu d’équilibre, mais ça pimente la rando ! C’est moins impressionnant en vidéo qu’en vrai 🙂
Après une heure de marche, on est contents d’arriver pour le pique nique ! On a pas trop de photos à vous montrer, hormis celle là où on a tous l’air malade ahah :
Après une petite baignade dans les cascades, retour au carbet pour se reposer et profiter des lieux ! Denis, le propriétaire, en profite pour nous montrer sa trouvaille du matin : un petit anaconda. La mère vient régulièrement donner naissance sur son terrain… On vous rassure, l’anaconda n’est pas un danger pour l’homme. Il n’est pas venimeux. Pour vous donner une idée de la taille, il faisait deux ou trois fois ma main plié. Environ 60cm je dirais déplié.
L’heure est venue de flâner au carbet…
Le soir, nous sommes repartis en balade nocturne avec le propriétaire des lieux. Nous avons observé des grenouilles, des araignées, des souris, criquets, sauterelles, et un scorpion !
Araignée « Harry Potter » : pas méchante
Araignée bananes : méchante !
Le lendemain, c’est dimanche, on se la joue détente pour finir le weekend : baignade, brunch, choix d’un palmier pour ramener… Tranquillou !
« Anent : Nouvelles des Indiens Jivaros » d’Alessandro Pignocchi
4ème de couverture :
« Les anent sont de petits poèmes chantés à voix basse par les Indiens jivaros pour établir une forme de transmission de pensée avec les plantes, les animaux et les esprits. A la fin des années 1970, l’anthropologue Philippe Descola passe trois ans chez les Indiens jivaros, en Amazonie équatorienne. La lecture de ses textes, notamment des Lances du crépuscule, agit sur Alessandro Pignocchi comme un révélateur. Ses expériences d’adolescence avec les Jivaros lui reviennent en mémoire et s’éclairent d’un jour nouveau : de leur vision du monde si riche, que Descola décrit comme l’exact opposé de la nôtre, il n’avait rien vu. Il lui faut repartir. Anent. raconte avec beaucoup d’humour et d’autodérision son expérience avec cette tribu amazonienne, en contrepoint de celle vécue par l’anthropologue Philippe Descola. A travers le décalage entre les deux récits, entre ses tentatives parfois un peu ridicules pour faire ressembler son voyage à celui de Descola, l’auteur explore le fantasme que peut éveiller, chez un citadin occidental, une société qui ne distingue pas la nature de la culture, et qui prête aux plantes et aux animaux une intériorité similaire à celle des humains. »
Mon avis :
Mon ami Luc m’a permis de lire ce roman graphique et j’en suis fort content ! Les dessins sont géniaux, sur certaines planches, j’ai retrouvé des paysages amazoniens qui sont similaires à ce que j’ai vu en Guyane. L’histoire est top et donne envie de lire le livre « Les Lances du crépuscule » de Descola. Les romans graphiques sont agréables à lire et mélange parfaitement bande dessinée et roman ! Je suis heureux de cette découverte et je vais lire plus de romans graphiques.
« La Mano Negra : ces forces obscures qui contrôlent le football mondial » de Romain Molina
4ème de couverture :
« De Pina Zahavi, «l’homme le plus puissant du football mondial», grand orchestrateur du transfert de Neymar, à Juan Figer, le doyen des agents mondiaux, en passant par Kia Joorabchian, Antonio Henrique et la vieille garde des Moggi et consorts, LA MANO NEGRA dresse le portrait de ces hommes qui ne se contentent plus d’accompagner les transferts, les clubs et les joueurs, mais redessinent la carte du foot mondial et sont à la fois agents doubles, politiques, diplomates et financiers de haut vol, dirigeants de clubs, propriétaires de joueurs, experts en optimisation fiscale. Dans un livre brûlant dont le cheminement s’organise autour du transfert de Neymar et qui s’appuie sur des documents explosifs et inédits, Romain Molina nous guide dans les coursives du football mondial du XXIe siècle, entre fonds de pension et droits TV, oligarques et banques privées, faux transferts et vraies commissions, «agents d’or» brésiliens et plaque tournante uruguayenne, Albanie, Israël et Gibraltar, bitcoins et services secrets, cocaïne dans les camions et billets dans les valises. »
Mon avis :
Ayant pratiqué pendant plus de 10 ans le football en club, le livre m’intéressait. Je n’ai jamais eu le niveau pour espérer une carrière professionnelle et je ne m’en suis même jamais donné les moyens, j’adore ce sport, mais ce que j’aime avant tout, c’est le pratiquer avec des potes ! Tout l’univers professionnel avec les sommes d’argent qui sont gargantuesques décrédibilisent ce sport. Ce livre explique bien tous les jeux de l’ombre qui se passent en dehors du terrain. Les personnes liées de près ou de loin à ces magouilles ne font que dégrader ce sport et oublie la chose principale à mes yeux dans la pratique d’un sport : le plaisir. Tout n’est que business et déshumanisation, c’est triste et ne fait que créer une plus forte distance entre les joueur.se.s et les fans de ce sport.
« Halte aux Jeux ! » d’Albert Jacquard
4ème de couverture :
« Que dissimule la belle vitrine des Jeux olympiques ? On nous montre de superbes et fringants athlètes, mais on nous cache l’envers du décor : la souffrance de tous, l’échec de la plupart, l’inévitable dérive du dopage.
Il faut mettre fin à l’hypocrisie et dire ce qu’est le sport de haut niveau aujourd’hui : une entreprise d’exploitation de l’homme par l’homme, où la seule et véritable règle du jeu est le profit, quel qu’en soit le coût humain.
Courir plus vite, sauter plus haut, être le plus fort : il est temps de remiser cet idéal enfantin et de proposer un modèle d’olympisme enfin humaniste. »
Mon avis :
Cela faisait très longtemps que je voulais lire ce livre. Ayant fait des études dans le domaine de l’événementiel sportif avant de changer de voie, les Jeux Olympiques ont longtemps représenté pour moi la plus belle des compétitions sportives, de part son histoire et son côté « populaire ». Cependant, en prenant du recul, on peut voir que tout est question d’argent. Cela rejoint un peu le livre précédent : certaines personnes voient le sport comme une façon de faire du fric, que les résultats soient entachés de dopage ne les touchent pas, tant qu’il y a de l’argent à faire. Ce livre est court mais présente une vision très réfléchie et qui fait comprendre que les Jeux Olympiques ne ressemblent en rien à l’imaginaire qui les entourent, les valeurs qui sont liées à la pratique amateure ou professionnelle, passent après le marketing, la communication et le business. Sans parler des désastres humains, économiques et écologiques qui sont directement ou indirectement créés par ces derniers.
« La face karchée de Sarkozy » de Richard Malka, Philippe Cohen et Riss
4ème de couverture :
« La Sorbonne, 6 juin 2098. Un étudiant présente sa thèse de doctorat. Son sujet : un des phénomènes politiques les plus intrigants du début du siècle… Le sarkozisme. La prétendue enfance « difficile » de Nicolas, la mise en scène de sa vie privée, ses réseaux médiatiques, ses manipulations, l’élimination systématique et féroce de ses rivaux, la prise de l’UMP, ses relations avec Pasqua, Balladur et Chirac, sa haine de Villepin, ses déboires électoraux et son échec dans les banlieues… Le parcours, les mystères et les contradictions de Nicolas Sarkozy sont savoureusement décryptés… jusqu’à la présidentielle de 2007. Une minutieuse et fracassante enquête du journaliste Philippe Cohen (La face cachée du monde – Marianne), un scenario virtuose et acide de l’avocat Richard Malka (L’ordre de Cicéron – Section financière), le trait décapant et explosif de Riss (Charlie Hebdo)… »
Mon avis :
Cette bande dessinée mêle humour et faits, ce qui la rend original à lire. Les dessins m’ont rappelé les marionnettes de « Guignols de l’info ». Elle permet de comprendre l’accession à la présidence de Nicolas Sarkozy et de mieux cerner la personne. Je n’ai jamais eu de sentiments positifs envers lui, mais cette bande dessinée a conforté, voir renforcé, mon avis. L’histoire est sourcée et permet de découvrir les personnes qui ont gravité autour de lui, et donc de voir une certaine face de la politique de cette époque.
« La recomposition des mondes » d’Alessandro Pignocchi
4ème de couverture :
« Que se trame-t-il exactement sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes ? Notre anthropologue dessinateur mène l’enquête : s’agit-il d’un kyste peuplé de hippies violents ? Trop drogués pour comprendre qu’il faut partir puisque le projet d’aéroport est abandonné ? Ou de l’avant-poste, en Occident, d’un nouveau rapport au monde, affranchi de la distinction entre Nature et Culture ? L’enquête emprunte des chemins imprévisibles sur ce bocage qui, d’emblée, nous absorbe, nous transforme et recompose les liens que nous entretenons avec les plantes, les animaux et le territoire. Ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie, Alessandro Pignocchi s’est lancé dans la bande dessinée avec son blog, Puntish. Son premier roman graphique, Anent. Nouvelles des Indiens Jivaros (Steinkis), raconte ses découvertes et ses déconvenues dans la jungle amazonienne, sur les traces de l’anthropologue Philippe Descola. Dans les deux suivants, Petit traité d’écologie sauvage et La Cosmologie du futur, il décrit un monde où l’animisme des Indiens d’Amazonie est devenu la pensée dominante, et où un anthropologue jivaro tente de sauver ce qui reste de la culture occidentale. »
Mon avis :
Les dessins sont cools et permettent de se représenter certains lieux de la ZAD de Notre Dame des Landes. L’histoire est simple et après avoir échangé avec une amie qui longtemps vécue sur la ZAD, pas toujours proche de la réalité. Elle raconte la période où l’auteur y était et comment il a ressenti les choses, tout n’est donc pas à prendre pour vérité universelle. Le sujet m’intéresse et permet de découvrir une forme de lutte et d’organisation collective qui permettent d’ouvrir les yeux sur les aspects négatifs du capitalisme néolibéral et de ses fervents défenseurs.
L’auteur y explore la question de Nature et de Culture et nous permet de nous questionner sur le monde qui nous entoure.
« Mapuche » de Caryl Férey
4ème de couverture :
« Rubén, fils du célèbre poète Calderón assassiné dans les geôles de la dictature argentine, est un rescapé de l’enfer. Trente ans plus tard, il se consacre à la recherche des disparus du régime de Videla. Quand sa route croise celle de Jana, une jeune sculptrice mapuche qui lui demande d’enquêter sur le meurtre de son amie Luz, la douleur et la colère les réunissent. Mais en Argentine, hier comme aujourd’hui, il n’est jamais bon de poser trop de questions, les bourreaux et la mort rôdent toujours… »
Mon avis :
L’enquête permet de se replonger dans la triste époque de la dictature argentine de Videla et d’en apprendre des faits vraiment sinistres. Le livre est sombre et l’atmosphère pesante mais je me suis bien pris à l’histoire et j’ai beaucoup aimé les personnages ! J’ai pu en apprendre un peu plus sur cette période de l’histoire tout en suivant une enquête difficile à anticiper et prenante.
« Les ravages de l’écran » de Manfred Spitzer
4ème de couverture :
« En s’appuyant sur de très nombreuses recherches et études scientifiques internationales, le grand psychiatre et spécialiste du cerveau Manfred Spitzer montre à quel point notre dépendance aux technologies numériques menace notre santé, tant mentale que physique. Elles provoquent chez les enfants et adolescents comme chez les adultes de nouvelles maladies et en rendent d’autres plus fréquentes : baisse des performances cognitives, troubles du sommeil, dégradation des capacités d’attention et de concentration, tendance à l’isolement et au repli sur soi, dépression, disparition du sentiment d’empathie, etc. Et même, chez les plus jeunes, baisse de la motricité et des capacités de perception. Ce vaste tableau des connaissances scientifiques sur les effets des écrans, enfin traduit en français, a rencontré un immense écho en Allemagne et dans le monde entier où il a provoqué nombre de débats et de prises de conscience. Cette synthèse majeure s’articule à une réflexion critique profonde qui ne se contente pas de lancer l’alerte sur les cyberpathologies. Elle nous apprend aussi à nous en protéger et à agir à titre préventif. Une contribution absolument cruciale pour tenter d’éviter un désastre psychologique et social. »
Mon avis :
Un livre très sourcé et complet sur la question des écrans et de leurs impacts sur les plus jeunes. Il parle aussi de la place, de plus en plus importante, que prend les écrans dans le quotidien de beaucoup de personnes et de la difficulté d’y échapper. Énormément d’études montrent les aspects négatifs et irrécupérables des écrans sur les enfants. La plupart des choses positives véhiculées sont des éléments de marketing pour faire vendre. Il s’agit d’une grave problématique car les enfants peuvent être confrontés aux écrans dans tous les espaces où ils vivent : école, maison, loisirs, … et les effets sont néfastes. Je m’étais déjà bien renseigné sur ce sujet et j’étais conscient de cela mais ce livre renforce mes connaissances et le fait qu’il s’appuie sur de nombreuses études et enquêtes confirme mon avis. Il n’est pas toujours simple à lire mais il est essentiel pour comprendre qu’exposer des enfants de façon régulière et prolongée devant des écrans ne leur fera que du mal.
« L’eau vive » d’Alain Bujak et Damien Roudeau
4ème de couverture :
« C’est l’histoire méconnue d’un grand combat écologique gagné en France il y a 30 ans qui sert de modèle encore aujourd’hui dans de nombreux pays. De simples citoyens ont fait face aux grands lobbies et à la puissance politique et publique pour préserver le site naturel de Serre de la Fare, dans la vallée de la Haute Loire. Alain Bujak est allé à la rencontre de ces hommes et ces femmes qui ont combattu ce projet de construction mais surtout qui ont su proposer d’autres solutions capables de se protéger des crues du fleuve tout en préservant cet espace naturel et ces paysages exceptionnels.
Serre de la Fare. Nous sommes à quelques kilomètres du mont Gerbier-de-Jonc où la Loire prend sa source. À cet endroit, le fleuve n’est encore qu’un torrent clair qui coule au sein d’un espace naturel préservé de toute beauté. Et pourtant il s’en est fallu de peu qu’il disparaisse sous les eaux. En 1986, est annoncé la construction du barrage de Serre de la Fare. Un chantier déclaré d’utilité publique inscrit dans le cadre d’un vaste projet d’aménagement du bassin versant de la Loire. Un plan d’investissement de grande envergure, soutenu par l’état. Car il faut dompter la Loire, le dernier fleuve sauvage, pour se protéger de ses crues parfois meurtrières, comme celle du 21 septembre 1980 qui fit 8 victimes. Alain Bujak va rencontrer celles et ceux, de simples citoyens pour la plupart, qui vont s’opposer au projet de construction du barrage. Au sein de l’association Loire Vivante, ils vont, au fil des ans, bloquer le projet mais surtout, vont proposer des solutions alternatives. Six années de combat mené sur tous les fronts : juridique, médiatique, scientifique… qui aboutiront à l’abandon du projet et la mise en place d’un projet d’aménagement basé sur les propositions des opposants. »
Mon avis :
Les dessins sont splendides et le combat débouche sur une solution qui fonctionne. Cela résume très bien ce roman graphique. Les dessins sont parfois mêlés à des photos et l’histoire est belle et réelle ! Cela donne envie d’aller découvrir ces beaux paysages en vrai et de passer par les lieux où la lutte a été menée. C’est la preuve que des solutions peuvent émerger des luttes collectives menées dans différents endroits du monde. Un roman graphique agréable à lire et qui donne plein d’espoir sur l’avenir !
« Les Furtifs » d’Alain Damasio
4ème de couverture :
« Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes ? Plutôt l’exact inverse : des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes.
Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l’éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka – volatilisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l’armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d’une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne.
Les Furtifs vous plonge dans un futur proche et fluide où le technococon a affiné ses prises sur nos existences. Une bague interface nos rapports au monde en offrant à chaque individu son alter ego numérique, sous forme d’IA personnalisée, où viennent se concentrer nos besoins vampirisés d’écoute et d’échanges. Partout où cela s’avérait rentable, les villes ont été rachetées par des multinationales pour être gérées en zones standard, premium et privilège selon le forfait citoyen dont vous vous acquittez. La bague au doigt, vous êtes tout à fait libres et parfaitement tracés, soumis au régime d’auto-aliénation consentant propre au raffinement du capitalisme cognitif. »
Mon avis :
J’ai vraiment été plongé dans ce livre. J’avais déjà lu deux romans d’Alain Damasio : « La Zone du Dehors » et « La Horde du Contrevent », j’avais beaucoup aimé. Celui-ci m’a encore plus accroché. L’intrigue et le contexte sont à la fois loin et proches de nous, on peut imaginer plein de choses. L’écriture est top et l’on reconnait les personnages juste avec quelques mots et expressions, c’est top ! A la lecture, je comprends pourquoi Alain Damasio met tant de temps pour écrire ses romans, l’écriture est très travaillée, tout comme les personnages et le contexte. Il y a parfois de la poésie, des jeux de mots, des néologismes, … bref il joue avec la langue française d’une très belle manière. Si vous voulez en découvrir un peu plus sur la personnalité de l’auteur, voici une interview sur une chaine d’informations qui me passionne :
« Chercheurs d’or » de François-Michel Le Tourneau
4ème de couverture :
« Depuis le début des années 2000, l’orpaillage illégal est massivement présent en Guyane et se montre, malgré un impressionnant dispositif de lutte, remarquablement résilient. Pour tenter de juguler le phénomène et ses désastreuses conséquences environnementales, un partenariat original a été noué entre le géographe François-Michel Le Tourneau, spécialiste de l’Amazonie, et les Forces armées de Guyane, dans le but d’étudier le monde parallèle des garimpeiros, ces chercheurs d’or. Mais comment gagner leur confiance ? Comment s’enquérir de leurs pratiques illégales ? Il faut faire preuve d’une honnêteté et d’une transparence sans failles, afficher immédiatement l’objectif, prouver que l’on connaît le terrain, et y revenir sans cesse. Voici, quatre ans plus tard, le résultat de cette enquête inédite. Après avoir brossé un panorama de l’histoire et de la géographie de l’or en Amazonie, et fait un tour d’horizon des techniques d’extraction et des voies de commercialisation, l’auteur dresse le portrait de ces chercheurs d’or : qui sont-ils ? d’où viennent-ils ? Quels sont les principes qui régissent leur société parallèle et comment se déroule leur vie dans la forêt ? Ce livre nous entraîne au cœur de la Guyane, peuplé non pas seulement de jaguars ou de tapirs, mais aussi de garimpeiros, patrons de chantiers ou simples ouvriers, de colporteurs et colporteuses, d’épiciers, de cantinières, de logisticiens, de bistrotiers, de prostituées ou encore de missionnaires évangéliques.. »
Mon avis :
Un super livre pour y voir plus clair sur l’orpaillage clandestin en Guyane. Beaucoup de stéréotypes et de rumeurs courent sur ce phénomène et cela fait du bien d’avoir une description détaillée de la situation. De plus, nous en apprenons plus sur les mission Anaconda et Harpie, qui luttent contre l’orpaillage illégal en Guyane. Ce livre permet de casser les stéréotypes et de comprendre ce sujet qui est très sensible ici et complexe. Je suis très heureux d’avoir lu ce livre. Selon moi, il s’agit d’un des livres à lire absolument si l’on souhaite découvrir la Guyane.
Vous vous rappelez peut-être de notre première excursion sur Petit Saut, en août dernier ? C’était un endroit qu’on avait trouvé tellement atypique et avec une ambiance mystique que nous avons voulu y retourner, en pirogue cette fois, dans l’objectif de voir davantage de faune et de flore.
Nous voulions y retourner assez rapidement pour plusieurs raisons : la grosse saison des pluies qui arrivent mais surtout les débuts d’un chantier titanesque sur le lac : l’exploitation des bois immergés et la construction d’une usine biomasse. Si vous vous rappelez, Petit Saut est un lac créé par le barrage du même nom. Lorsque le barrage a été construit, la retenue d’eau a recouvert une grande partie de la forêt et c’est ce qui fais que même 20 ans plus tard, naviguer sur Petit Saut, c’est naviguer entre les arbres d’une ancienne forêt.
Mais ces arbres, même immergés depuis des années, sont intéressant car l’eau les as protégé des insectes, termites, maladies… Le projet est donc le suivant : récupérer les arbres encore exploitables, à savoir ceux situés entre 15 et 30 mètres de profondeur, pour du bois de construction. Quand à la partie visible de l’arbre, devenu fragile avec les années, l’intérêt est de le récupérer pour l’usine de biomasse. Le lac compterait 5 millions de m3 de bois et à l’aide d’une barge qui sciera les troncs, la société ambitionne d’extraire 60 000 puis 200 000 m3 de bois par an…Ce chantier titanesque est prévu pour les 40 prochaines années, et va changer à jamais l’image du lac, puisque ce ne sera plus une forêt recouverte, mais un simple lac.
Je vous ai perdu ? Je continue quand même car c’est important !
Le problème n’est pas uniquement dans la modification du paysage. La création du barrage fut une catastrophe écologique pour la faune et la flore locale, mais curieusement, après 2 décennies, notre guide affirme qu’il observe une adaptation de l’environnement à cette nouvelle forêt submergée. Et ces bois morts que l’on voit ont désormais une place importante dans l’environnement : très nombreux nids d’oiseaux, dont la plupart sont protégés, rempart contre le vent et les vagues sur le lac, zone de repos pour les mammifères durant leur traversée du lac… De son côté, le guide espère juste une chose : que l’entreprise se rende compte que le chantier est trop gros et non rentable…
Et pour finir sur la partie « paysage de petit saut », notre guide nous a expliqué une chose intéressante. Aujourd’hui petit saut est un lac, avec de nombreux îlots (anciennes collines, où l’altitude était plus haut et donc n’a pas été recouverte par le barrage). Les mammifères qui nagent (presque tous finalement) peuvent se déplacer d’îlot en îlot mais ils ont plutôt tendance à se regrouper chacun sur un îlot. Ainsi, alors qu’en forêt deux groupes de singes se feraient la guerre pour un territoire, ici ils ont chacun leur îlot. C’est ce qui explique en partie la richesse en terme de faune de ce lac, et la plus grande facilité à observer les mammifères, puisqu’ils sont plus nombreux.
Bref, comme d’habitude, on a appris tout un tas de choses (l’avantage des guides !!) et on en a oublié, environ la moitié héhé ! Mais à force de faire des sorties, je constate quand même qu’on commence à mieux connaître et repérer la faune et la flore qui nous entoure, ou les anecdotes qui vont avec.
« ah oui, cet arbre on peut boire l’eau qui est dedans et cette feuille elle peut se manger ».
En tout cas, ce weekend, je ne me suis pas fait avoir, j’ai noté au fur et à mesure touuuuuuutes les espèces que nous avons pu observer, et en voici la liste !
Dans les mammifères : le singe hurleur, le singe kwata, le paresseux et un pac.
A nombreuses reprises, nous avions entendu le singe hurleur, dont le cri résonne à des kilomètres aux alentours et peut être très effrayant lorsqu’on ne sait pas ce que c’est. Ouvrez grand vos oreilles et écouter cette vidéo. Et dites vous bien que c’est un seul animal qui fait ce bruit là, et non pas un groupe! C’est le mâle dominant. Même à Régina on peut l’entendre, et pratiquement à chaque carbet. Mais nous ne l’avions jamais vu !
le singe Kwata, capable d’une grande précision quand il s’agit de jeter des branches sur les humains
Les singes hurleurs, que l’on reconnaît par leur couleurs brunes et oranges
Après un an en Guyane, et avec le kwata et le singe hurleur, nous avons désormais pu observer tous les primates présents dans notre secteur. Les deux restants sont seulement dans le sud de la Guyane, dont un qui est très rare. Nous ne sommes pas peu fiers 😉
Dans les reptiles : le caimans gris à plusieurs reprises lors de notre sortie nocturne
Mais ce sont surtout les oiseaux qui ont fait le bonheur de nos yeux. C’est en ce moment la période de nidification des aras et la bonne saison pour observer les toucans ! Petit rappel sur les toucans d’ailleurs :
De notre côté, nous avons eu la chance de voir le toucan à bec rouge, l’araçari grigri et vert et le toucan ariel. On pense en avoir vu encore une autre espèce, mais sans être sûr..
En tout cas, les toucans ont fait leur parade lors de ce weekend.
Après la pluie…
Concernant les aras, savez-vous qu’ils vivent toute leur vie en couple avec le même partenaire ? Si bien qu’on les trouve presque toujours à deux…
Cherchez le bec…
En Guyane, on trouve plusieurs aras, selon leurs couleurs : ara macao (rouge, jaune et bleu), chloroptère (vert à la place du jaune)
Nous avons vu de nombreux autres oiseaux, pas toujours facile de les prendre en photo car ils sont rapides et souvent en vol…
En faisant une liste des autres oiseaux observés, on arrive à 18 (autre que ceux cités au dessus)… Autant vous dire qu’il y a plein de choses à voir à Petit Saut ! Martins pêcheurs (géant d’Amazonie), pionnes, balbuzards, urubus, cacique cul vert, héron rayé…
Avant de vous laisser, on vous montre quelques photos de notre camp de base :
Et nous avions la chance d’avoir dans notre groupe une dessinatrice, Marion :
A bientôt (PS: on a nos vols pour Saül pour mi mars !! On aura encore plein de belles choses à vous montrer !)
Dernièrement, je suis tombée sur une suite de photo prise à Régina, par Jacques Martin. Ce monsieur est guide sur le Morpho (au marais de Kaw), amoureux de la Guyane, photographe et musicien (et sans doute d’autres talents…). Bref, cet article est juste destiné à vous montrer sa vision de Régina, avec des photos que je n’aurais pas faîtes moi-même… Il a notamment voulu mettre en avant les vieilles maisons créoles et en bois du village. Après lui avoir demandé sa permission pour utiliser ces photos sur notre blog, je vous présente un aperçu :
Ancien bar/restaurant
L’église de Régina
Reconnaissez-vous le bâtiment rose derrière ? C’est le gîte où nous étions les 7 premiers mois en guyane
L’écomusée à droite, en jaune. Une magnifique maison créole !
Il y a quelques temps, avec un ami réginanais qui s’apprêtait à quitter la Guyane, nous nous sommes motivés à faire le sentier balisé le plus long de Guyane, nommé le Molokoï.
Son nom signifie tortue terre en créole. Cependant, pas de tortue au programme, mais des serpents, des caïmans et de la fatigue !!!
Il est annoncé entre 16 et 18 kms selon les guides et pancartes mais selon mon podomètre, nous avons fait 15 kms le premier jour et 10,5 kms le second pour un peu plus de 10h de marche en tout. Il faut dire qu’avec les chablis (arbres tombés) et les nombreux cours d’eau à passer nous avons fait beaucoup de détours pour retrouver les balises. De plus, nous sommes partis tard et avons donc fait 2h30 de marche dans la nuit. L’arrivée au carbet aux alentours de 21h fut une grande source de réconfort !
Le sentier est beau avec beaucoup de cours d’eau qui sont bien visibles en saison des pluies, cependant tout cette eau rend le sentier glissant et le passage des criques (rivières) avec le gros sac à dos n’a pas toujours été facile. Le fait de marcher de nuit nous a permis de faire la rencontre de deux caïmans et d’un serpent (un oxyrhopus occipitalis selon mes souvenirs). L’atmosphère est différente la nuit et les bruits deviennent plus mystiques. J’ai beaucoup aimé le passage de nuit !
Ce sentier fut éprouvant physiquement et mentalement car je ne pensais pas autant peiner et nous ne savions pas du tout quand nous allions arriver au carbet. D’ailleurs, l’endroit est très sympa, avec une crique agréable.
Le plus dur fut le deuxième jour, nous avons démarré par la montée menant au sommet de la montagne Cacao : 1h de montée avec le sac à dos et le sentier qui glisse, parfois j’avais l’impression d’être une tortue avec mon gros sac à dos, le corps penché en avant pour avancer. Au bout de cette montée, je n’avais plus du tout d’énergie, nous avons donc du faire une pause. Je n’avais pas assez mangé de sucres lents donc j’étais KO, je suais à grosses gouttes et je peinais physiquement, bref l’orange a fait du bien mais la suite de la marche fut difficile et je n’ai que peu profité des beaux paysages.
Je suis heureux d’avoir fait ce sentier qui se trouve non loin de Régina. J’ai pu faire un point sur ma résistance physique et mentale afin de pouvoir me renforcer !
Ci dessous quelques photos de la rando : (le serpent que l’on voit est un fer de lance ou grage commun, il est venimeux et on le trouve assez souvent en forêt)